Lecture en cours

Lecture en cours

Comment limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie ?

Gestion Financière

Comment limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie ?

La hausse des prix de l’énergie impacte toutes les PME. Selon le type d’entreprise ou son emplacement, les facteurs montent en flèche même avec le soutien du gouvernement et le plafonnement des prix.

C’est une période difficile pour de nombreux chefs d’entreprise. Elle met à l’épreuve leur persévérance, leur flexibilité et leur faculté de prendre des décisions audacieuses. Leurs actions déterminent en effet la survie, voire l’essor, de leur entreprise.

Que pouvez-vous faire pour protéger l’entreprise que vous avez façonnée de vos mains ? Vous le découvrirez dans cet article où nous partageons quelques astuces fondamentales.

Comment la hausse des prix peut-elle influer sur votre entreprise ?

Comment réagir à la crise énergétique ?

Cinq stratégies de résilience

Notre conclusion

Comment la hausse des prix peut-elle influer sur votre entreprise ?

Le prix plus élevé de votre nouveau contrat d’énergie n’affecte pas seulement vos coûts opérationnels. En effet, il impacte aussi vos efforts en termes de rentabilité et de développement. Que vous soyez dans le secteur B2B ou B2C, la hausse des factures entraîne des changements dans plusieurs domaines :

les coûts d’exploitation : c’est une évidence, puisque presque tout va coûter plus cher, de l’éclairage et des appareils ménagers à l’achat de stocks et à la distribution de produits ;

la confiance et le sentiment de sécurité de vos collaborateurs : les entreprises sont soumises à des pressions, tout comme les emplois. Ajoutez-y l’augmentation des factures d’énergie des ménages et vous comprendrez aisément pourquoi les collaborateurs craignent l’avenir ;

la perturbation de votre chaîne d’approvisionnement : les coûts élevés de l’énergie entraînent une hausse des prix des produits et des services. Le même constat se pose pour les entreprises qui vous fournissent. Des matières premières aux équipements de bureau en passant par les transports et les services, c’est dans la chaîne d’approvisionnement que les hausses de prix de l’énergie se font le plus sentir ;

la baisse des ventes : tant les consommateurs que les entreprises se serrent la ceinture. Quels que soient les clients desservis, vous risquez de voir vos revenus chuter, car les clients ne dépensent plus que pour le strict nécessaire. Ajoutez à cela des coûts d’exploitation plus élevés et vos marges bénéficiaires sont rognées des deux côtés.

La surveillance attentive de ces questions permet aux entreprises de procéder aux adaptations requises en cas de nécessité. Vous devrez trouver un équilibre entre certains de ces éléments, mais tant que vous n’en négligez aucun, vous allégerez sans doute la pression. Sachez que l’impact respectif de ces quatre éléments varie d’une entreprise à l’autre.

Que pouvez-vous donc faire pour vous protéger de ces hausses de prix ?

Comment réagir à la crise énergétique ?

Quand l’incertitude règne, il semble impossible de faire des prévisions. Du moins, des prévisions précises. Les conséquences sur les ventes et les coûts dépendent de la nature de votre entreprise. Les secteurs à forte consommation d’énergie, tels que les transports, l’industrie manufacturière ou l’industrie lourde, verront leurs coûts exploser. Dans le commerce de détail hors ligne et l’hôtellerie, les ventes sont aussi en chute libre. Dans tous les cas, vous devez être prêt à tout.

L’incertitude étant très grande, vous seriez bien inspiré de tester différents scénarios financiers au lieu de faire des prévisions précises et spécifiques. Cette comparaison vous permet de créer plusieurs plans qui répondent à toute une série de situations. Vous pourrez ainsi également identifier le moment où vous êtes vraiment en grande difficulté. De cette manière, vous disposez également d’un point de référence pour vérifier le montant des réserves que vous devriez avoir, en fonction des positions de trésorerie, et pour définir des limites à votre consommation d’énergie.

Pour ce type de test, vous pouvez aller dans deux directions : vous pouvez examiner les coûts et les ventes. Pour chacun d’entre eux, vous pouvez élaborer des scénarios financiers possibles dont la gravité augmente, et déterminer quelle réaction adopter à chaque fois. Voici quelques exemples:

Coûts

Scénario 1 : les coûts énergétiques augmentent de 300 %

Scénario 2 : les coûts énergétiques augmentent de 400 %

Scénario 3 : les coûts énergétiques augmentent de 500 %

Ventes

Scénario 4 : baisse des ventes de 10 %

Scénario 5 : baisse des ventes de 20 %

Scénario 6 : baisse des ventes de 30 %

Les chiffres ci-dessus sont purement hypothétiques. Vous devez adapter vos scénarios au contexte de votre entreprise en vous basant sur des recherches et des échanges avec d’autres personnes de votre secteur.

Si vous en voyez la valeur ajoutée, vous pouvez approfondir les scénarios et même les combiner, comme c’est le cas avec une augmentation de 300 % des coûts et une diminution de 20 % des ventes. N’oubliez jamais qu’il ne s’agit que d’une façon d’envisager les circonstances difficiles auxquelles vous pourriez être confronté. Il s’agit d’un bon point de départ pour élaborer des stratégies de résilience.

Cinq stratégies de résilience

Il n’y a pas qu’une seule stratégie universelle pour sortir de la crise énergétique. Vos plans, comme votre entreprise, doivent être spécifiques. Cependant, nous nous sommes entretenus avec un certain nombre d’experts du secteur. Résultat : nous avons élaboré cinq stratégies de résilience qui peuvent servir de base à la vôtre.

Stratégie 1 : faites preuve de prudence lors des négociations contractuelles

Cette stratégie est parfaite lorsque la hausse des coûts de l’énergie a un impact plus important que la baisse des ventes.

La négociation de votre nouveau contrat d’énergie est un des plus grands défis lors d’une crise énergétique. Pour beaucoup, elle est imminente et annonce une période d’incertitude en matière de coûts. Le processus devient lourd et complexe. Il est recommandé de faire des recherches sur les fournisseurs et d’avoir des attentes raisonnables avant de négocier.

Par exemple, voyez quel est le prix moyen approximatif. Ainsi, vous ne commencerez pas à négocier avec des exigences irréalistes. Sinon, vous pouvez vous attendre à des déceptions et à des fournisseurs peu réceptifs. Une fois que vous avez ces chiffres, collectez autant d’offres que possible. Soyez donc toujours disposé à changer de fournisseur s’il existe une meilleure offre ailleurs.

En ce qui concerne la durée du contrat, plusieurs possibilités s’offrent à vous. Le choix de la bonne solution dépend de votre situation spécifique. Les contrats à long terme vous protègent des augmentations futures, mais vous serez lié à ce fournisseur pendant plus longtemps. Les contrats plus courts offrent plus de flexibilité, mais peuvent coûter plus cher en raison des pics de prix. Entre les deux, il y a une approche hybride. Dans ce cas, les entreprises choisissent une durée plus longue pour une moitié de leur bien immobilier et une durée plus courte pour l’autre.

Le timing compte également dans vos négociations. Commencez votre recherche au moins un mois avant la date de fin de votre contrat. L’approche d’une échéance ne vous obligera donc pas à prendre une décision hâtive. Si possible, évitez également les périodes de forte activité, comme l’hiver.

Avant toute chose, n’adoptez pas une attitude agressive vis-à-vis des fournisseurs. Même si la situation est stressante et frustrante pour les entreprises, tout comportement problématique ne permet pas de conclure de bonnes affaires. Si vous n’avez pas le temps ou si vous n’avez pas confiance en vos talents de négociateur, envisagez de passer le relais à un courtier en énergie.

Stratégie 2 : examinez votre offre avant de commencer à épargner

Cette stratégie est parfaite pour les situations où de grosses économies semblent inévitables.

Si une augmentation massive des coûts énergétiques frappe votre entreprise, il semble inévitable d’économiser dans d’autres domaines. Cela peut prendre différentes formes : jongler avec les budgets, ne plus engager de nouvelles recrues, voire procéder à des licenciements. Si la survie de votre entreprise en dépend, vous n’avez pas le choix.

Cependant, avant de recourir à des mesures draconiennes, assurez-vous d’avoir examiné toutes les autres options. Vous pourrez ainsi examiner de près vos produits et services, abandonner les moins rentables et ne garder que ceux qui offrent les meilleures marges. Dans ce contexte, l’efficacité est le mot clé et il faut également veiller à ne pas se projeter trop loin dans l’avenir, car nous vivons une époque incertaine. En sortant des sentiers battus, vous ne prendrez pas de décisions que vous regretterez plus tard.

Stratégie 3 : envisagez l’adoption d’énergies renouvelables

Cette stratégie est parfaite pour les entreprises qui disposent des latitudes financières nécessaires pour investir dans leur résilience à long terme.

Vous cherchez un nouveau fournisseur ? Pensez alors à ceux qui produisent leur énergie à partir de sources renouvelables. En effet, les énergies éolienne et solaire sont moins chères que celle produite à partir du pétrole ou du gaz. Cependant, cela ne signifie pas toujours qu’elles sont vendues séparément, et donc à un prix inférieur.

Le scénario idéal est donc de produire sa propre électricité à l’aide de panneaux solaires, d’installations hydroélectriques ou d’éoliennes. Cependant, cette approche nécessite un investissement important qui n’est pas récupérable immédiatement. Cette indépendance vis-à-vis des fournisseurs vous rapportera toutefois davantage dans le long terme. A fortiori depuis que la technologie des batteries affiche une baisse des prix et une hausse de l’efficacité. Ceux qui produisent et stockent leur propre énergie pourraient bien être protégés des pics de prix du gaz et du pétrole à l’avenir.

En tant que ligne de défense contre la crise actuelle, cette stratégie n’est peut-être pas la meilleure option. En revanche, pour ceux qui travaillent sur la durabilité et les émissions zéro, elle peut valoir le détour.

Stratégie 4 : misez sur l’efficacité énergétique

Cette stratégie est parfaite pour les entreprises où l’énergie représente de toute façon un coût important.

Que vous envisagiez ou non d’investir dans de nouvelles sources d’énergie, il est toujours bon de réduire et d’optimiser votre consommation. Un lieu commun ? Non, car tout le monde n’est pas conscient des nombreuses façons de procéder et de leurs impacts.

Dans un premier temps, il est préférable de se concentrer sur de petits changements de comportement dans votre consommation d’énergie en matière de bâtiments et de machines. Éteindre toutes les lumières, baisser le chauffage d’un degré et mettre les machines et les tableaux numériques hors tension pendant les heures de fermeture constitue un bon point de départ. Bien sûr, certains équipements doivent être allumés en permanence, comme les réfrigérateurs. Dans ce cas, vous pourriez néanmoins envisager de les remplacer par des appareils à haut rendement énergétique.

Ensuite, réfléchissez à la manière dont vous pouvez réduire les pertes d’énergie. La déperdition de chaleur est sans doute le principal coupable. Vous pouvez y remédier grâce à l’isolation et aux dispositifs anti-courant d’air. Vous tirerez ainsi un meilleur parti de l’énergie que vous utilisez de toute façon.

Stratégie 5: restez positif

Cette stratégie est parfaite dans toutes les situations!

« Rester positif » est plus facile à dire qu’à faire. La pandémie nous a appris que les entreprises déterminées ont survécu à cette période difficile, voire y ont pris de l’essor. Que ce soit en rouvrant leurs portes, en mettant leur activité en ligne ou en adoptant les nouvelles technologies, grâce à des actions courageuses et claires : de nombreuses entreprises ont réussi à s’en sortir.

Face à l’incertitude, il est recommandé d’adopter une approche prudente, mais proactive, de cette crise. Reconnaissons-le, certaines entreprises vont mordre la poussière, mais il est un peu prématuré de penser que vous êtes l’une d’entre elles. Le message est donc simple et clair : restez positif ! Car ceux qui pensent négativement contribuent eux-mêmes à de mauvais résultats. Maintenir cet état d’esprit proactif et positif est essentiel pour traverser la crise, mais n’en reste pas moins la tâche la plus difficile. Ceux qui maintiennent ce cap dans les moments où des décisions difficiles doivent être prises maximisent leurs chances de réussite.

Notre conclusion

En raison du manque de clarté de l’impact final des hausses de prix de l’énergie à long terme et des aides du gouvernement, vous devez vous préparer à autant de scénarios différents que possible. En gardant à l’esprit les stratégies de résilience exposées ci-dessus, vous avez de meilleures chances de protéger votre entreprise au plus fort de la crise.