Lecture en cours

Lecture en cours

Obtenir un avantage concurrentiel dans le secteur agroalimentaire grâce à l’analyse de données

Retour aux résultats de recherche

Logo Sage Advice
Sage AdviceLe Blogue des clés de la gestion d'entreprise
Inscrivez-vous à l’infolettre de Sage AdviceS'abonner

Ces dernières années, les amateurs de chocolat se sont sans doute sentis floués après les révélations sur la « rapetiflation » de certaines de leurs friandises préférées. Les fabricants réduisent le poids de produits alimentaires sans en diminuer le prix.

Ainsi, en 2013, Mars a décidé de limiter à 250 calories l’apport énergétique de toutes ses barres de chocolat, ce qui signifiait l’élimination des barres « grand format » et une réduction d’environ 11 % de la taille des Snickers de 2 onces qui étaient vendus dans les distributeurs et contenaient 280 calories.

La réduction de taille met en évidence un défi auquel font face les producteurs de l’agroalimentaire : des marques comme Nestlé et Mondelez International citent comme causes de la « rapetiflation » le coût des ingrédients, la réglementation sanitaire internationale, les taux de change, mais aussi des facteurs relatifs à la distribution, comme l’emballage et le transport.

Dans le magazine Food in Canada, l’expert en biens de consommation courante Edgar Dworsky explique que la diminution de taille des biens de consommation est une technique en place depuis des décennies. Les changements de l’économie mondiale se sont toujours accompagnés de modifications dans les produits.

Le défenseur des droits des consommateurs, avocat spécialisé dans la protection des consommateurs et fondateur de Consumerworld.org affirme que « la tradition de la réduction de taille a commencé il y a bien des années quand les machines distributrices aux États-Unis vendaient des friandises à 5 cents. Apparemment, le prix du chocolat et d’autres ingrédients a connu une hausse et les exploitants de distributrices ne savaient que faire. Leurs machines acceptaient uniquement des pièces de 5 cents. Les fabricants ont tenu compte des besoins des vendeurs en faisant des paquets contenant moins de friandises, qui pouvaient se vendre à 5 cents. »

Edgar Dworsky ajoute que des changements similaires continueraient de se produire dans l’agroalimentaire.

« En cas de hausse brusque du coût des matières premières ou de flambée des prix de l’essence, il est fort probable de voir la taille de plusieurs produits diminuer. »

Les temps sont durs pour les producteurs du secteur agroalimentaire : les prix sont à la baisse, les marges bénéficiaires extrêmement étroites et la part du revenu consacrée à l’alimentation diminue. Il faut faire plus avec moins, ce qui implique de réévaluer le mode de fonctionnement de l’entreprise et de s’appuyer sur une profonde connaissance des données relatives aux produits alimentaires et aux boissons pour saisir de nouvelles occasions.

En bref, quels sont les plus grands défis actuels du secteur pour les grandes entreprises et comment doivent-elles les relever?

Comprendre et prendre en compte l’évolution des goûts des clients

Il y a quelques années, McDonald’s a lancé un ambitieux plan de restructuration après des années de baisse de son chiffre d’affaires. Le PDG admettait alors que l’entreprise n’avait pas su jauger les goûts changeants de sa clientèle.

Cette question est importante pour toutes les entreprises du secteur agroalimentaire, car les consommateurs d’aujourd’hui recherchent des produits jugés plus sains et meilleurs pour l’environnement.

Dans le monde du numérique et des médias sociaux, les entreprises du secteur doivent être transparentes, particulièrement envers les milléniaux qui attendent d’elles authenticité et honnêteté. Si les consommateurs ont pu faire confiance aux marques sans s’interroger, ce n’est plus le cas : ils réfléchissent désormais à ce qui se passe en coulisse.

Les milléniaux se posent plus de questions sur le mode de production des aliments et des boissons qu’ils consomment, notamment sur les personnes les ayant fabriqués, l’impact de l’entreprise sur l’environnement et le traitement des employés.

Or, les géants de l’agroalimentaire pourraient être désavantagés dans la construction de la perception de leur marque par rapport à de plus petits producteurs en mesure d’adresser aux milléniaux un discours plus authentique et adéquat.

Une autre grande marque, Budweiser, a perdu de sa popularité auprès des milléniaux et ne fait ainsi plus partie des trois premières marques de bière aux États-Unis. Marque pourtant bien ancrée, elle s’est démodée, cédant du terrain à de nouvelles bières artisanales, des vins et des alcools plus tendance.

Pour un géant de la bière comme Budweiser, il n’est pas aisé de se remettre de ce revers. Une des solutions consiste à se diversifier, comme est en train de le faire sa société en exploitation AB InBev. En 2017, elle a annoncé des dépenses d’investissement de 2 milliards de dollars sur quatre ans, qui se traduiront par l’augmentation des capacités de 12 brasseries artisanales, l’expansion de la gamme de bières sans alcool et la stimulation de la montée en puissance de ses autres marques, comme Stella Artois.

Les producteurs du secteur agroalimentaire ont tout intérêt à nouer une relation étroite avec leur clientèle, en observant de près les tendances et les désirs des milléniaux afin de trouver des moyens ingénieux d’atteindre ce public. Ils doivent être rapides, vifs et novateurs et s’appliquer à faire passer les produits de la recherche et développement aux rayons des magasins le plus vite possible.

Récemment, Mondelez International a montré l’exemple en créant un nouveau produit qui tenait compte de l’évolution de la demande des consommateurs, avec le lancement d’Oreo Minces, une version plus mince et plus légère de son célèbre biscuit. Le résultat? Ils se sont hissés à la quatrième place des aliments et des boissons les plus populaires de 2016, avec une valeur de 110,2 millions de dollars.

Janda Lukin, la directrice principale d’Oreo chez Mondelez International, explique que la version fine des biscuits, déployée en Chine pour répondre à la chute des ventes, a généré 40 millions de dollars dans les huit mois suivant son lancement. Elle ajoute qu’il a fallu des mois pour perfectionner la recette des Oreos Minces. Au début, 60 % des biscuits se brisaient, mais grâce aux efforts en recherche et développement, cette proportion a diminué à 3 %.

Comprendre l’évolution des besoins nutritionnels

Les producteurs d’aliments doivent aussi penser à l’évolution des besoins nutritionnels. De nos jours, 64 % de la population mondiale exclut volontairement certains aliments de son régime. C’est pourquoi les producteurs doivent adapter leurs produits de façon à ce que les détaillants offrent un choix complet répondant aux besoins des consommateurs.

Markus Stripf, cofondateur et PDG de Spoon Guru, une société collaborant avec des entreprises comme Tesco pour fournir des études sur l’alimentation personnalisées selon les besoins nutritionnels des individus.

« À notre époque, nous devrions être en mesure de satisfaire les besoins des clients qu’ils soient allergiques aux noix, végétaliens ou adeptes d’une alimentation saine. Les consommateurs doivent avoir facilement accès aux aliments correspondant à leurs besoins, leurs goûts et leurs préférences. »

« Nous pouvons nous réjouir du flux d’innovation actuel dans l’offre végétalienne [comme Beyond Burger et Impossible Burger] vers des supermarchés investissant massivement dans l’intelligence artificielle afin de mieux pouvoir personnaliser leurs services à la clientèle, en suivant leurs préférences par plusieurs moyens. »

Markus Stripf estime toutefois que les difficultés des détaillants avec les services de commerce électronique retardent l’innovation alimentaire en ralentissant les cycles de développement. Il ajoute : « Ils ne disposent pas de fonctionnalités sophistiquées d’exploration de données qui leur permettraient de comprendre les préférences individuelles de leurs clients et leurs goûts, et encore moins d’offrir des services ciblés et personnalisés à partir de ces connaissances.

Si depuis dix ans, je n’ai acheté que des aliments végétariens chez mon détaillant, pourquoi continue-t-il de me faire la promotion de la dinde avant Noël? Cela ennuie le client et représente un véritable gâchis d’immobilier du point de vue du marketing.

“L’avenir du commerce de détail réside dans la segmentation de la clientèle [jusqu’à un segment individuel] et la capacité à déduire les préférences des consommateurs à partir de leurs interactions implicites et explicites avec un détaillant au moyen de plusieurs canaux. Je ne sais vraiment pas combien de temps il nous faudra pour y parvenir. »

Les avantages de l’analyse des données relatives aux produits alimentaires et aux boissons

Les détaillants ont encore beaucoup de chemin à parcourir, mais les perspectives d’action sont aussi nombreuses pour les producteurs du secteur agroalimentaire. Grâce au concept d’industrie 4.0, ils commencent à saisir qu’ils peuvent convertir les considérables quantités de données générées par leurs produits et leurs opérations quotidiennes en une expertise qui offre un avantage concurrentiel au moyen d’une information exploitable, de la mesure de l’inefficience et de facteurs d’amélioration.

Les systèmes d’entreprise aident à gérer des données complexes et opérationnelles pour fournir aux cadres dirigeants et aux employés les moyens d’établir un lien entre les opérations tactiques quotidiennes et les objectifs stratégiques, essentiellement en numérisant les opérations et en exploitant ces données.

Selon Aberdeen, les entreprises couronnées de succès disposent d’outils transformant les données en information exploitable.

Source : Les données, moteur de l’avenir de la production alimentaire, Aberdeen Group

Les analyses donnent ensuite aux cadres les renseignements permettant de prendre des décisions judicieuses sur la future stratégie de l’entreprise. Les applications synthétisant les données de plusieurs unités opérationnelles aident les entreprises du secteur agroalimentaire à planifier leurs achats, leur production et leurs activités de maintenance.

Assurer la qualité et la conformité

Les entreprises du secteur agroalimentaire doivent non seulement jongler avec les demandes changeantes de leurs clients et les pressions concurrentielles, mais aussi s’assurer que leurs bases sont solides, notamment en respectant la réglementation actuelle et future et en évitant les rappels de produits, d’après l’Aberdeen Group. En 2016, on a demandé aux producteurs du secteur agroalimentaire d’indiquer les deux pressions principales s’exerçant sur eux.

 

Source : Mise à jour de la planification des ressources d’entreprise des producteurs du secteur agroalimentaire afin d’assurer la qualité et la conformité

Aux États-Unis, la Food Safety Modernization Act de 2011 (loi sur la modernisation de la salubrité des aliments) exige des producteurs qu’ils ne se contentent pas de contenir les contaminations, mais qu’ils les évitent, ce qui les contraint à modifier les modalités de conception des produits et d’acquisition de matières.

Ces dispositions s’ajoutent aux normes internationales visant l’amélioration de la visibilité de la chaîne d’approvisionnement, qui évoluent constamment et font peser la menace d’amendes en cas de non-conformité.

Problèmes posés par une réglementation « passe-partout »

Il est conseillé aux producteurs du secteur de l’agroalimentaire d’examiner de près les technologies qu’ils utilisent pour comprendre si elles sont en mesure d’appuyer les nouvelles pratiques exemplaires dans des domaines comme la traçabilité et la qualité des produits, la modification des exigences réglementaires, mais aussi d’apporter des technologies comme des fonctions d’analyse dans le nuage pour tenir compte de l’évolution des goûts et des besoins des clients.

Cela nécessite parfois de mettre à niveau leurs systèmes d’ERP pour obtenir des fonctionnalités supplémentaires. Le graphique ci-dessous montre les améliorations possibles pour traiter de questions comme l’étroitesse des marges, l’évolution des préférences des clients, la réglementation croissante et la complexité des chaînes d’approvisionnement.

 

Source : Mise à jour de la planification des ressources d’entreprise des producteurs du secteur agroalimentaire afin d’assurer la qualité et la conformité

Devenir un producteur d’aliments et de boissons axé sur les données

Dans un secteur de l’agroalimentaire de plus en plus complexe, il semblerait que le seul moyen pour les entreprises de non seulement survivre, mais prospérer consiste à tirer profit des analyses de données.

De tout temps, la qualité des produits et l’efficience opérationnelle ont été d’une importance capitale, mais l’exploitation des données afin d’obtenir un avantage concurrentiel et le conserver est très certainement cruciale pour se distinguer.

La clé de la réussite? Adopter avec enthousiasme la technologie et l’innovation, adapter les fonctionnalités et se transformer numériquement pour devenir une entreprise axée sur les données, intelligente et connectée.