Lecture en cours

Lecture en cours

Bienveillance managériale et responsabilité individuelle : les deux piliers du management à l’heure du COVID-19

Retour aux résultats de recherche

Logo Sage Advice
Sage AdviceLe Blog des clés de la gestion d'entreprise
Inscrivez-vous à la newsletterS'abonner
Mains sur clavier

Ces dernières semaines, l’organisation du travail dans les entreprises a connu de profonds bouleversements. La crise du coronavirus et le confinement obligatoire qui en découle nous poussent à travailler autrement, mais aussi à manager différemment.

Le télétravail est devenu la règle pour les entreprises dont l’activité le permet. Alors que certaines étaient déjà coutumières du travail et des réunions à distance, d’autres l’expérimentent pour la première fois et se retrouvent parfois seules face à l’inconnu. D’autres professionnels, je pense par exemple aux soignant(e)s, aux livreurs (ses) ou aux hôte(sse)s de caisse, opèrent en première ligne, sur le terrain, avec un courage remarquable. Il est peu de dire que la situation actuelle génère stress et inquiétudes.

Autre élément qui nous incite à sortir de notre zone de confort : nos vies personnelles s’inscrivent dans une tension permanente, a fortiori pour les nombreux collaborateurs et managers confinés avec leurs enfants. Ils doivent jongler en permanence entre leur travail, l’école à la maison, les tâches quotidiennes, etc. Et, il faut le dire, la peur de la maladie pour eux-mêmes comme pour leurs proches.

Une question revient alors souvent. Comment gérer ces situations inédites dans une entreprise ? Quelle est la marche à suivre pour assurer la continuité de l’activité dans le respect de ce qui est le plus important : les personnes, leur sécurité et leur charge mentale ? Face à ces répercussions sans précédent sur notre quotidien, nous avançons tous à tâtons. Il n’existe pas de bonnes pratiques, ni de process préétablis et bien éprouvés sur lesquels se reposer. La capacité d’adaptation de chacun et des organisations est désormais la clé. Il faut avoir l’humilité de le reconnaître.

Recentrer le management sur des valeurs essentielles

A mon sens, il me semble nécessaire que les entreprises fondent plus que jamais leur management sur deux valeurs fondamentales : la bienveillance managériale et la responsabilité des collaborateurs. La bienveillance, d’abord, car cette situation inédite requiert nécessairement écoute, présence (même virtuelle !), et une empathie de chaque instant de la part de nos managers face aux difficultés rencontrées, qu’elles soient ou non exprimées.  A l’heure de l’isolement physique généralisé, l’entreprise et les managers doivent compenser en partie ce besoin de lien et de collectif. Cela implique notamment une capacité à réinventer les pratiques managériales, dans une période d’inconfort complet et dans un contexte de temps contraint.

De leurs côtés, les collaborateurs doivent faire preuve de responsabilité. Il revient à chacun de continuer à exercer son activité, du mieux possible. Même de manière asynchrone et selon des objectifs assouplis. Il est essentiel aussi que chacun assume sans pudeur les éventuelles difficultés qu’il rencontre, qu’il les partage à son manager et qu’il accepte parfois de demander de l’aide. Managers et collaborateurs doivent apprendre à composer avec cette situation. Ce ne sont pas des situations habituelles dans un univers professionnel, qui d’ordinaire ne laisse pas de place à ce registre d’ordre émotionnel.

La bienveillance et la responsabilité sont étroitement liées. Trouver l’équilibre entre ces deux valeurs est nécessaire pour établir une véritable relation de confiance dans les équipes et permettre aux sphères privée et professionnelle de trouver leur juste place dans ce contexte de crise si exceptionnel et complexe.

Ce contexte de crise nous offre une opportunité majeure : avec la mise en œuvre de choses aussi simples que le civisme, le bon sens et la reconnaissance de la composante humaine des organisations, nous pouvons nous emparer d’enjeux qui permettent de révéler le meilleur de nous-mêmes. Voilà qui nous permettra de sortir de la crise vers le haut, en démontrant que les valeurs d’une organisation s’incarnent autrement que dans une charte d’entreprise !