Industrie 4.0 : nos conseils pour digitaliser votre entreprise

Publié il y a · 7 min de lecture

Les révolutions industrielles sont des événements majeurs de l’histoire humaine et, selon la plupart des observateurs, nous en sommes actuellement à la quatrième. La première a été initiée par l’avènement commercial de la machine à vapeur et la naissance de l’industrie textile. La seconde est née de l’invention de l’électricité et de la production de masse. Et la troisième a été déclenchée par l’apparition des ordinateurs après la Seconde Guerre mondiale.

Le professeur Klaus Schwab, fondateur et président du Conseil du Forum économique mondial, pense que nous sommes aujourd’hui à l’aube de la quatrième révolution industrielle, dite aussi « Industrie 4.0. » Ce terme fait allusion à des innovations technologiques majeures arrivant à maturité en même temps, adoptées par les entreprises du monde entier et intégrant les mondes virtuels et physiques pour produire de nouvelles façons de travailler beaucoup plus efficaces. Voici quelques exemples de ces technologies :

  • L’Internet des Objets – L’extension de l’Internet à des objets du monde physique (logiciels, capteurs, objets électroniques), ainsi que la collecte et le transfert automatisés des données. L’Internet des Objets permet une communication en temps réel, donnant naissance à des systèmes physiques et à des « villes intelligentes ». Cela signifie que les chaînes logistiques traditionnelles tendent à se digitaliser et sont plus connectées. Elles deviennent ainsi des écosystèmes intégrés de manière totalement transparente aux services du marketing, du développement de produits, de la fabrication et de la distribution.
  • Le Big Data et les analyses avancées – L’Internet des Objets génère une quantité massive de données. La façon dont les entreprises lisent et analysent ces données est déterminante, surtout en cas d’événements critiques, comme des coupures de courant ou des tentatives de violation de données. Dans l’industrie, la disponibilité de données issues, par exemple, du développement, de la production et des essais de produits peut apporter de nouvelles dimensions à la fabrication, permettant une innovation, un marketing et des prises de décisions plus ciblés.
  • La robotique et l’automatisation. Les robots sont déjà largement utilisés dans l’industrie (par exemple pour les bras mécaniques des lignes d’assemblage). L’Industrie 4.0 pourrait voir la contribution des robots augmenter massivement, et avec les « usines intelligentes » nous pourrions voir ces robots prendre en charge la fabrication et la livraison des produits aux clients grâce à l’interconnexion des systèmes informatiques/de communication et des systèmes physiques.
  • Les simulations, l’impression 3D et la réalité augmentée. Déjà couramment utilisées aujourd’hui, ces technologies permettent de modéliser et de tester virtuellement les produits, avec à la clé un gain de temps et une réduction des matériaux, des efforts et des coûts nécessaires. Grâce à l’impression 3D, nous pouvons créer en un rien de temps des objets personnalisés, complexes et ultra-légers ; quant à la réalité augmentée, elle permettra un jour de former les collaborateurs directement sur leur poste de travail, beaucoup plus efficacement qu’avec des supports papier ou des écrans d’ordinateur.

Il y a quelques années, les chefs d’entreprise travaillant dans des secteurs comme la production pensaient sans doute que le terme « Industrie 4.0 » n’était que le dernier mot à la mode, mais selon diverses études menées par PwC, de nombreux chefs d’entreprise ont déjà mis en place des investissements dans ce sens, et les entreprises qui ne l’ont pas fait courent le risque de se faire distancer.

Selon PwC, l’Industrie 4.0 va révolutionner la production industrielle et les entreprises réduiront en moyenne leurs coûts de 3,6 % par an jusqu’en 2021 grâce à des améliorations internes et à une collaboration plus étroite sur l’ensemble des chaînes de valeur. Elles devraient également voir leurs revenus augmenter de 2,9 % par an grâce à la numérisation des produits et services, ainsi qu’au développement de nouvelles offres de services numériques. 33 % des entreprises industrielles déclarent avoir atteint un niveau de digitalisation avancé, et 72 % des entreprises estiment pouvoir le faire d’ici 2020.

Les fabricants peuvent et devraient faire mieux grâce à l’Industrie 4.0.

La valeur que les nouvelles technologies apportent aux entreprises pourrait (ou devrait) leur permettre d’obtenir bien plus que des économies de coûts à un chiffre. Aux États-Unis, un rapport du Boston Consulting Group a montré que, si les fabricants américains reconnaissent l’intérêt de l’Industrie 4.0, ils abordent cette opportunité de manières très diverses et risquent de passer à côté d’avantages commerciaux importants. Le BCG écrit ainsi que pour réussir, les entreprises doivent se fixer des objectifs ambitieux et capter rapidement de la valeur au fil d’un processus de transformation s’étalant sur de nombreuses années.

Justin Rose, partenaire du Boston Consulting Group et co-auteur du rapport, a déclaré à ce sujet : « L’Industrie 4.0 apparaît comme un moyen de générer des gains de productivité importants. Sa réelle valeur ajoutée réside dans la capacité des fabricants à maximiser l’impact de ces avancées en les combinant au sein d’un projet global. »

Et Vlad Lukic, partenaire du BCG et co-auteur du rapport, précise : « Nos résultats montrent que les fabricants américains doivent acquérir une compréhension plus fine des applications possibles de l’Industrie 4.0 et en accélérer le rythme d’adoption. Les gagnants seront ceux qui aborderont la course vers l’Industrie 4.0 comme une série de sprints, tout en gérant leur projet comme un marathon. »

L’Industrie 4.0 aura également un rôle important à jouer de l’autre côté de l’Atlantique, selon le magazine indépendant britannique Made Smarter Review, dirigé par le Directeur général de Siemens au Royaume-Uni, le professeur Juergen Maier. D’après ce magazine, en l’espace de 10 ans, la digitalisation industrielle pourrait injecter 455 milliards de dollars dans l’industrie britannique, augmentant la croissance du secteur de 3 %, avec à la clé un gain net de 175 000 emplois. Et récemment, la Confédération de l’Industrie britannique a appelé les dirigeants d’entreprises à unir leurs forces derrière une stratégie industrielle « de saute-mouton » pour profiter au maximum des avantages de l’Industrie 4.0. Là encore, le message était le suivant : les entreprises doivent se réveiller rapidement et choisir au plus vite la façon dont elles comptent s’adapter.

Dean McGlone, directeur des ventes de l’entreprise d’automatisation comptable V1, résume les choses ainsi : « Nous avons vu des entreprises adopter notre technologie pour automatiser les processus de leur service financier et, au final, de l’ensemble de leurs activités. Est-ce que cela a bouleversé les habitudes de l’équipe des finances ? Absolument. »

« Mais la réalité est surtout que nous avons supprimé des tâches routinières qui peuvent être efficacement rationalisées par des technologies de pointe et des gains de productivité. Ces gains de temps permettent aux collaborateurs de l’entreprise de se recentrer sur des missions plus stratégiques et à plus forte valeur ajoutée, notamment en transmettant au reste de l’entreprise des informations sur les dernières tendances et opportunités ; chaque service concerné peut ainsi prendre des décisions éclairées basées sur des chiffres. »

Nos conseils pour tirer le meilleur parti de l’Industrie 4.0

Chris Curran, directeur du secteur technologique chez PwC, a écrit dans un blog que l’on ne devrait pas s’en remettre uniquement au hasard ou à la chance en matière de nouvelles technologies, mais que c’est un piège dans lequel tombent de nombreuses entreprises à cause de contraintes financières, de priorités concurrentes et de points de vue divergents sur le rôle de la technologie dans la croissance de l’entreprise. Il a identifié cinq pratiques que les chefs d’entreprise peuvent d’ores et déjà mettre en place pour se préparer à l’Industrie 4.0.

  1. Repensez votre façon d’expérimenter. Envisagez toujours la technologie sous un angle commercial. Cela vous permettra d’expérimenter des technologies qui pourront distinguer votre entreprise des autres en développant vos capacités à faire des choses que vos concurrents ne sont pas en mesure de faire.
  2. Intéressez-vous à votre nouvel écosystème technologique. Repérez les entreprises et les startups qui travaillent ou effectuent des recherches dans des technologies pertinentes pour votre secteur, vos produits, vos clients et vos marchés. Établissez des relations de travail avec celles qui vous paraissent les plus adaptées à vos besoins et gardez un œil sur elles. Vous pourriez par exemple développer un partenariat avec une université ou un autre établissement scolaire.
  3. Créez votre propre laboratoire d’apprentissage. Si votre entreprise atteint une certaine taille, envisagez de mettre en place une équipe dédiée à l’innovation pour tirer profit des idées émises (peut-être via la création de démonstrations et de prototypes). Vous pouvez partager tout ce que vous créez en interne ou avec des partenaires et clients triés sur le volet.
  4. Mettez-vous dans l’état d’esprit d’un créateur. Selon Chris Curran, les entreprises devraient adopter un mode de pensée qui leur permette d’établir des liens entre les technologies et de résoudre les problèmes du monde réel. Il écrit que les « créateurs » sont prêts à essayer, à tester et à échouer, à se salir les mains, à partager et à tirer parti des découvertes des autres.
  5. Mettez en place un processus de développement des technologies émergentes. Pour Chris Curran, les processus de travail courants de l’entreprise, comme la préparation des analyses de rentabilisation et la planification de projets axée sur les avantages financiers, ne fonctionneront pas pour l’innovation induite par la technologie. Il propose des processus composés d’étapes plus courtes incluant la suggestion de nouvelles idées, la création de prototypes, les essais sur le marché et la mise à l’échelle.

Kieron McCann, Directeur de la stratégie et du marketing chez Cognifide, ajoute : « Le plus grand défi pour les fabricants traditionnels est de changer de culture pour s’adapter à la nouvelle réalité de l’Industrie 4.0. Car, au bout du compte, la question centrale est celle de la flexibilité. Il est en effet courant pour les fabricants et les entreprises axées sur l’ingénierie de vouloir tout inventer en interne, une approche qui peut rallonger les délais d’exécution et rigidifier la planification. Et cette culture peut se diffuser dans toute l’entreprise, dont l’essentiel des activités tourne autour des cycles de production et des lancements de produits. »

« La nouvelle réalité, c’est que les entreprises doivent avoir une idée très claire des domaines dans lesquels elles veulent apporter une réelle valeur ajoutée ; dans tous les autres domaines, elles doivent réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour acquérir rapidement de nouvelles compétences et les développer. Les logiciels seront omniprésents, et ces logiciels seront alimentés par des données qui, à leur tour, seront de plus en plus intégrées à un écosystème plus large. La flexibilité des process, l’itération et l’amélioration continue deviendront de facto la norme au travail. »

Il est important de se rappeler que les changements apportés par l’Industrie 4.0 ne seront pas longtemps considérés comme « nouveaux » ou « révolutionnaires ». Dans un monde où les idées se propagent à une vitesse folle, nous verrons bientôt de multiples entreprises proposer leurs propres versions des mêmes produits et solutions. Se contenter d’innover ne suffira plus pour vous démarquer de la concurrence : votre entreprise a besoin d’une planification et d’une stratégie sérieuses pour ne pas se laisser distancer.

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