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Les robots, déjà indispensables à l’industrie tricolore ?

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Apparue dès les années 1960, la robotique industrielle attendra pourtant près de 40 ans pour se démocratiser à l’échelle de la planète. Désormais incontournable dans certains secteurs, à l’image de l’automobile, les robots étendent progressivement leur sphère d’influence à d’autres activités, tout particulièrement en France. Immersion dans l’industrie tricolore afin d’avoir un aperçu de la place qu’y occupe la robotique aujourd’hui… et demain.

La France accélère sur la robotique industrielle

Pour la quatrième année consécutive, le nombre de robots installés dans les usines françaises a progressé selon les données communiquées par le Symop1, la principale organisation professionnelle de l’univers de la robotique. Au total, ce sont 4 658 unités qui ont été posées en 2018, soit une progression de 4,8 % sur un an. Ces résultats sont d’autant plus encourageants qu’ils ne tiennent pas compte des importations, estimées à environ 1 000 robots à usage industriel. La croissance du secteur se poursuit donc, bien qu’elle ne soit pas sur les mêmes standards que 2017 (+ 32 %). En cause ? Les intégrateurs de robots pourraient avoir des difficultés à soutenir la demande d’installation, dans la mesure où les ressources en compétences restent encore limitées. Cela n’empêche pas le secteur d’afficher un niveau de commandes élevé, comme le laissent deviner les premiers résultats constatés pour 2019.

Malgré ces chiffres encourageants, la France est loin d’être un champion mondial de la robotique industrielle. L’Hexagone ne se classe même qu’en 18e position des pays utilisant le plus de robots dans l’industrie, avec 132 unités pour 10 000 ouvriers en 2017. Bien loin, à titre d’exemple, des 631 robots pour 10 000 ouvriers affichés par la Corée du Sud2. Et malgré le dynamisme de Stäubli et de Sepro Group – les deux leaders de la robotique industrielle en France -, la croissance des installations dans l’Hexagone reste encore en deçà de la moyenne mondiale.

Des robots qui peinent à se démocratiser à tous les secteurs

Ce retard trouve une explication première : en France, l’industrie automobile et électronique, très consommatrice de robots, est loin d’être aussi développée qu’en Corée ou même qu’en Allemagne (au 3e rang mondial avec 309 unités pour 10 000 ouvriers). Avec la métallurgie, le transport (incluant l’automobile) et l’électronique représentent malgré tout plus de 80 % des installations réalisées en France en 20183. Les autres secteurs se montrant encore minoritaires, à l’image de l’industrie agroalimentaire (10 % des installations) et de l’industrie plastique et chimique (5 %).

Les solutions robotiques de manipulation et de soudage tirent pourtant le secteur vers le haut, au point de représenter près de 8 robots vendus sur 10 dans l’Hexagone. Un succès tout particulièrement dû aux robots polyarticulés (80 % des ventes globales en 2018) et des robots collaboratifs. Quant aux autres applications, elles restent à la marge, à l’image de l’encollage et de l’assemblage.

Le « cobot », un exemple du renouveau de la robotique

Pour trouver leur place dans un nombre grandissant d’entreprises, les robots tendent à se réinventer et à offrir de nouveaux usages. Le « cobot », ou robot collaboratif, en est certainement le meilleur exemple. Il s’agit d’une machine capable de travailler aux côtés des hommes en toute sécurité. Mobile et polyvalent, le « cobot » s’arrête dès que l’ouvrier entre en contact avec lui. Sa flexibilité pour des productions réduites le rend d’ailleurs de plus en plus incontournables pour répondre aux problématiques des entreprises de taille moyenne.

La robotique, bientôt dans toutes les entreprises ?

Si la robotique est toujours l’apanage de l’automobile, le secteur ne représente plus aujourd’hui que 39 % des ventes, contre 75 % par le passé. Faut-il y voir un signe que d’autres activités investissent dans la robotique ? Tout laisse à le penser car – à en croire la directrice de la communication du groupe Fanuc, Florence Bertaux – les robots intéressent même désormais les petites et moyennes entreprises. Le problème, c’est que le ticket d’entrée est encore relativement élevé : entre 25 000 et 30 000 € pour un robot adapté à une PME, auxquels s’ajoutent jusqu’à 70 000 € pour l’intégration. D’autres investissements, autres que financiers, sont aussi à prévoir, dont la formation des ouvriers et la refonte de l’organisation. Pour limiter l’effort, certains constructeurs à l’image de Kuka misent sur l’occasion, avec à la clé des économies de l’ordre de 25 à 30 % pour le client4. Autre alternative notable : le suramortissement qui permet, aux PME industrielles achetant des équipements robotiques et cobotiques neufs, de bénéficier d’une économie d’impôt.

Ces solutions plus abordables pourraient finir de convaincre certaines entreprises, d’autant plus que l’intérêt de la robotique s’élargit progressivement à de nouveaux secteurs d’activité. Si bien que des usages inédits se dessinent et permettent de toucher de nombreux domaines.

  • La robotique médicale : on distingue principalement les robots interventionnels, utilisés en chirurgie et qui assistent l’homme, et les robots de rééducation qui fournissent une aide robotisée aux patients.
  • La robotique agricole : qu’ils soient autonomes ou qu’ils fassent office d’assistant, ces robots sont majoritairement utilisés pour la traite, le désherbage et l’horticulture.
  • La robotique de service personnelle : avec une croissance de 30 %, les solutions de robotique BtoC s’intéressent tout particulièrement à la surveillance et à l’assistance de personne en perte d’autonomie5
  • La robotique de défense : l’usage dans ce domaine est pour le moins varié puisqu’on distingue les robots biomimétiques (une solution d’appui pour transporter du matériel), les robots de remplacement (qui suppléent l’homme pour la surveillance, l’assistance médicale ou encore le combat) et les robots autonomes (utilisés par exemple pour la reconnaissance).
  • La robotique d’interactions sociales : il s’agit de solutions capables d’interagir avec l’homme, notamment dans les domaines du tourisme et de la distribution.

Au-delà de leur application, c’est bien la forme des robots qui évolue afin de répondre à des besoins toujours plus variés. Entre les « cobots », les exosquelettes, la robotique de plateformes mobiles et même – à terme – la biomécatronique ou la nanorobotique, toutes les utilisations semblent possibles à l’avenir, aussi bien pour les grands industriels que pour les moyennes entreprises.

Sources :
1 Les ventes de robots industriels en France progressent de 4,8 % – Symop – 2019
2 La robotisation s’intensifie au niveau mondial – Fédération internationale de robotique – 2018
3 Chiffres clés 2018-2019 – Symop – 2018
4 Les robots frappent à la porte des TPE – Les Échos – 2019
5 Faire de la France un champion international de la robotique et des systèmes intelligents – Bruno Bonnell et Catherine Simon – 2019