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L’affacturage : quels avantages et quels inconvénients ?

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Permettant de sous-traiter le suivi et le recouvrement des factures à une entreprise tierce, l’affacturage est une arme efficace contre les retards de paiement. Pourtant, cette solution n’est encore que peu employée par les PME et les TPE, et ce, principalement pour des raisons de coût.

Les retards de paiement, une réalité aux lourdes conséquences

Avec un retard de paiement moyen de « seulement » 11 jours en 2018, la France reste un bon élève sur la scène européenne¹. L’entrée en vigueur de la loi de modernisation de l’économie (LME), imposant notamment des délais de paiement de 60 jours maximum à date de facturation, a contribué à ce résultat. Si les règlements au-delà de l’échéance n’ont qu’un impact limité sur la trésorerie des grandes entreprises, il peut en revanche être lourd de conséquences pour les plus petites structures.
1 PME sur 2 aurait été victime d’un retard de paiement au cours de l’année, tandis que 37 % des TPE-PME en BtoB (Business to Business) seraient régulièrement payées au-delà de 60 jours. Par conséquent, 4 petites et moyennes entreprises sur 10 auraient vu leur activité être mise en péril à cause des délais de paiement pratiqués².

Pour faire face à cette situation, les entreprises disposent d’une solution : l’affacturage. Cette technique consiste à sous-traiter le recouvrement de ses factures à une société financière. Une fois la facture adressée à son client, l’entreprise est immédiatement payée par la société d’affacturage (partiellement ou intégralement selon les contrats) et confie à cette dernière toute la gestion administrative de la facturation : suivi des paiements, relances ou encore recouvrement des impayés.

L’affacturage, une demande en croissance

L’affacturage se porte bien en France : l’activité a progressé de 10,2 % en 2018, pour un total record de 320,4 milliards d’euros de créances prises en charge³. Et bien que cette solution de recouvrement s’adresse avant tout aux grandes entreprises, elle présente aussi des avantages pour les PME et les TPE.

Une trésorerie sans attendre

L’affacturage s’adresse avant tout aux entreprises ayant des besoins immédiats en trésorerie. En effet, l’établissement financier règle les factures sous 24 à 48 heures dans la plupart des cas. Il faut tout de même savoir qu’un fonds de garantie est généralement prévu au contrat afin de couvrir le risque de recouvrement. Si celui-ci est de 10 % par exemple, la société d’affacturage vous réglera 90 % du montant de la facture immédiatement, avant de verser les 10 % restants au paiement du client.

Sous-traiter pour mieux se concentrer sur son activité

Pour les petites entreprises ne disposant pas toujours d’un service comptable à l’interne, l’affacturage offre l’avantage de déléguer la gestion des comptes. Selon les services prévus au contrat, la société d’affacturage pourra se charger :

  • du suivi des factures ;
  • de la gestion comptable du poste client ;
  • des relances et du recouvrement des impayés.

Déchargée de cette responsabilité, l’entreprise peut ainsi se concentrer sur son activité principale.

Une arme contre les clients « à risque »

Certains domaines d’activités concentrent davantage de « mauvais payeurs » que d’autres. C’est tout particulièrement le cas du transport et de la logistique, où seulement 26,7 % des entreprises ont payé leurs fournisseurs dans les temps sur les 3 premiers trimestres de 2018. Mais d’autres domaines ne sont pas, eux non plus, exemplaires, à l’image de l’information et de la communication (34,2 %), de l’industrie (35,2 %) et de l’hébergement, de la restauration et des débits de boisson (40,2 %)1. Pour les TPE et les PME traitant avec des clients « à risque », l’affacturage peut donc présenter un réel intérêt.

L’affacturage : un service facturé à la commission

Pour une petite entreprise, il peut donc être tentant d’utiliser l’affacturage. Pourtant, malgré tous ses avantages, cette solution de recouvrement ne se prête pas à toutes les activités.

Un « coût » porté à la rentabilité

Si la marge dégagée par l’entreprise est limitée, le coût des prestations offertes par la société d’affacturage peut lourdement impacter sa rentabilité. En effet, le coût de l’affacturage n’est pas négligeable. Commission de financement, commission d’affacturage, frais de dossier pour tout nouveau client… peuvent faire grimper la facture. De plus, il est souvent difficile d’avancer un pourcentage de commission ; certains annonçant 3 % sur le montant des factures, d’autres allant jusqu’à 15 %. Mais une chose est sûre : ce pourcentage sera généralement plus élevé si le montant des opérations affacturées est faible.

Un service de professionnels à professionnels

Une part importante des TPE peuvent écarter l’idée d’avoir recours à un service d’affacturage : cette solution de recouvrement ne concerne que les clients professionnels (BtoB). Ainsi, les artisans et autres commerçants par exemple ne pourront pas souscrire un contrat d’affacturage, dans la mesure où ils traitent majoritairement avec des clients particuliers.

Une relation client dépersonnalisée

L’autre gros point noir de l’affacturage, c’est sa tendance à dégrader la relation que vous avez avec votre client. Lorsqu’un contrat est mis en place, c’est en effet la société d’affacturage qui devient l’interlocuteur des clients en matière de facturation et de paiement. Et le problème est là : elle n’y va pas toujours « avec des pincettes » pour relancer et procéder au recouvrement. De quoi avoir des effets négatifs sur le volume de commandes et, in fine, sur l’activité de votre entreprise.

Si vous faites le choix d’utiliser cette méthode de recouvrement, pesez bien le pour et le contre : sécurité des finances , rentabilité plus forte, plus grand contrôle sur les relations clients, vous seuls pouvez pondérer ces différents enjeux, selon les caractéristiques de votre activité. En 2018, 40 000 entreprises avaient déjà fait le choix de l’affacturage, dont un tiers des PME françaises et 12 % des TPE, note l’Association française des sociétés financières.

Sources :
¹Rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement – Banque de France – 2018
²Baromètre – YouGov’ pour Sellsy – 2019
³L’activité des établissements spécialisés en 2018 : la reprise se consolide – Association Française des Sociétés Financières – 2019