Quels risques et quelles solutions face au détournement d’actif?

Publié il y a · 3 min de lecture

Parmi tous les cas de fraude dénombrés par le cabinet d’audit PwC, le détournement d’actif trône en première place, représentant 61% des cas recensés en France et 70% des cas recensés dans le monde. En quoi consiste-t-il, quels sont vos risques et vos recours, comment s’en prémunir ?

Le détournement d’actifs consiste à transférer illégalement, de manière directe ou indirecte, un bien du patrimoine de l’entreprise à celui d’une personne. Dans plus de 90% des cas, il porte sur de la trésorerie, mais il peut également concerner tout autre actif de l’entreprise, tel que le stock de marchandises ou le matériel mis à disposition des collaborateurs.

Identifier les fraudeurs pour mieux se protéger

Le détournement d’actif est commis, dans 60% des cas, par des collaborateurs occupant des postes de cadres moyens, et qui travaillent, pour la moitié d’entre eux, dans l’entreprise depuis plus d’une dizaine d’années. L’expérience sur le terrain révèle que le collaborateur-fraudeur est très difficile à identifier car il sait se faire apprécier par ses collègues et supérieurs hiérarchiques, et n’agit presque jamais seul.

Dissimulation, vol et détournement : quels risques encourent les entreprises ?

Les techniques de détournements utilisées dépendent principalement de la fonction occupée par le fraudeur, de sa position hiérarchique et de l’organisation de l’entreprise. Ils peuvent prendre diverses formes, plus ou moins difficiles à détecter et à prévenir, allant de la dissimulation d’actifs au vol. Ils résultent dans certains cas du non-enregistrement d’opérations dans les systèmes d’information (ventes et encaissements d’espèces, ponction dans les stocks…), de l’enregistrement d’opérations fictives (enregistrement de fausses factures…), ou encore de la création de faux (usurpation de signature afin d’obtenir l’accès à des moyens de paiements..).

Parmi les diverses options qui s’offrent aux arnaqueurs, trois sont particulièrement sollicitées. Tout d’abord, la fraude sur encaissement, qui relève plus de la dissimulation et au cours de laquelle les actifs sont détournés par le ou les collaborateurs-fraudeurs avant même d’avoir été enregistrés dans les comptes de l’entreprise. L’absence de fonds non enregistrés étant très compliquée à détecter par les chefs d’entreprise, cette méthode est une des plus courantes.

Le détournement déguisé est lui aussi très utilisé par les arnaqueurs, notamment à travers la fraude sur décaissement. Ici, la sortie de fonds est enregistrée en comptabilité sous une justification frauduleuse. Ainsi, de nombreux employés grossissent leurs notes de frais ou inventent de fausses factures de taxis ou de restaurants.

Enfin, le vol pur et simple d’actifs après qu’ils aient été enregistrés en comptabilité, est aussi très régulièrement utilisé par les fraudeurs. Cela peut se manifester par l’appropriation de matériels coûteux lorsqu’un employé quitte l’entreprise, ou par de petits vols répétés de fournitures, qui ne représentent pas un risque considérable lorsqu’ils sont isolés, mais qui peuvent conduire à d’importantes pertes pour l’entreprise une fois mis bout à bout.

Apprendre à détecter et se prémunir des détournements d’actifs

Les recours à dispositions des entreprises pour se protéger de ce type de fraude sont variés et dépendent grandement du procédé utilisé par le ou les fraudeurs.

Par exemple, pour éviter les abus de notes de frais et les fausses factures, les managers et comptables doivent éviter de signer à la chaine les reçus délivrés par les collaborateurs, qu’il convient au contraire de considérer avec attention.

De manière générale, faire un inventaire régulier et scrupuleux des actifs de la société permettra aux chefs d’entreprises d’être plus à même de détecter une anomalie en cas de fraude. Pour cela, ces derniers peuvent s’appuyer sur les nombreux logiciels à leur disposition, dont les multiples fonctionnalités sauront satisfaire les besoins de chacun.

Cependant, si une anomalie venait à être détectée, la mise en place d’entretiens individuels dans le cadre d’une investigation plus globale peut s’avérer très utile. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à faire appel à un acteur extérieur pour mener à bien ces entretiens afin de bénéficier d’un regard neuf et sans a priori sur les collaborateurs internes.