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Quel expert-comptable pour quel profil d’entreprise ?

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Professionnel rigoureux et expérimenté, l’expert-comptable a vocation à accompagner ses clients tout au long de leur parcours d’entreprise, de la création à la cession, en passant par des phases stratégiques comme une ouverture de capital, une croissance externe ou une internationalisation. En outre, un cabinet d’expertise comptable compte en son sein de multiples talents, aptes à intervenir éventuellement en renfort d’expertise à des moments clés du développement de l’organisation.
Pour autant, il peut être pertinent de se demander quelles qualités spécifiques et/ou quelle approche l’expert-comptable doit mettre à profit pour donner le maximum de fluidité et de valeur ajoutée à sa relation avec son client en fonction de la typologie de son entreprise. Les entreprises de petite taille figurent parmi celles qui ont le plus besoin de l’appui d’un professionnel adapté pour pouvoir se concentrer sur la réussite de leur activité. Start up, profession libérale ou SCI : l’expert-comptable sous son meilleur profil…

Expert-comptable pour TPE

L’expert-comptable est le partenaire naturel de la Très Petite Entreprise. 7 à 8 PME sur 10 ont recours à un cabinet d’expertise comptable¹. Son premier rôle auprès de la TPE est la tenue et l’attestation des comptes. Mais aussi la garantie de conformité en termes de procédures comme de calendrier. Le plus souvent, la mission sociale est également associée à la prestation comptable.
Pour autant, les comportements évoluent. Sous l’effet de ressources digitales de plus en plus ergonomiques et d’un désir croissant d’autonomisation de la part des chefs d’entreprises (mieux formés qu’avant), les prestations basiques de saisie et de tenue comptable sont en recul¹.
Ce qui change par ailleurs dans les attentes des dirigeants de TPE et qui induit une exigence nouvelle vis-à-vis des experts-comptables, c’est le besoin d’accompagnement au pilotage et d’une manière globale à la bonne marche de l’entreprise. L’expert-comptable doit en plus de ses expertises traditionnelles maîtriser le recrutement, l’export, l’informatique (sous l’angle de la digitalisation) et même parfois le marketing ! Un cabinet capable de proposer des prestations de conseil ponctuel et surtout une réactivité quand l’urgence des sujets l’exige aura une valeur ajoutée à la hauteur des enjeux stratégiques de l’entreprise.
La TPE ne dispose pas des ressources expertes en interne et il est dans sa nature de devoir faire face continuellement à des imprévus. Son expert-comptable se doit d’être engagé dans une relation de proximité et de disponibilité. La fréquence des relations et la curiosité pour le métier de l’entreprise sont des attitudes appréciées. Au cabinet de former ses collaborateurs à l’aptitude relationnelle !
Les experts-comptables se montrent globalement à la hauteur des exigences de la collaboration avec les TPE. 96 % des TPE/PME et 93 % des associations déclarent avoir l’intention de poursuivre leur collaboration avec leur cabinet d’expertise comptable1.

Expert-comptable pour start-up

Grâce à sa maîtrise de la constitution de plans d’affaires, sa connaissance des sources de financement et son expertise des dispositifs sociaux, juridiques et fiscaux, l’expert-comptable est le partenaire incontournable des entreprises en création et en particulier des start-ups.
Pour autant, les créateurs de start-up présentent un profil particulier auquel l’expert-comptable doit se donner les moyens de correspondre. Trois caractéristiques sont accentuées chez les jeunes pousses.

  1. Le recours aux technologies numériques les plus modernes : l’instantanéité, la mobilité, le partage sont au centre de la grammaire du créateur de start-up. Il aura du mal à travailler avec un expert-comptable hermétique aux codes de la web attitude !
  2. Une croissance rapide. L’expert-comptable qui accompagne une jeune pousse doit pouvoir lui fournir des indicateurs actualisés très régulièrement pour l’aider à maîtriser ses fondamentaux et notamment sa trésorerie. La pénurie de cash est le fléau des start-ups.
  3. Les comptes à rendre aux investisseurs. Souvent peu génératrice de chiffre d’affaires au début de son existence, une start-up doit pouvoir rendre compte avec précision à ses partenaires de l’utilisation des fonds mis à sa disposition et régulièrement mettre en avant des prévisionnels auprès de nouveaux investisseurs à conquérir. Ce registre de l’intégration dans l’écosystème du financement non bancaire doit être la troisième corde à l’arc de l’expert-comptable !

En phase de création, la start-up a besoin d’un éclairage expert pour rédiger ses statuts. La réussite de ses levées de fonds successives peut en dépendre. Certains cabinets d’expertise comptable ont créé en leur sein une cellule spécialisée. La maîtrise des aides et subventions propres aux jeunes pousses est également une compétence indispensable.
En phase d’amorçage, c’est l’accompagnement dans l’identification des investisseurs potentiels et l’assistance dans la préparation des deals qui est stratégique. Les erreurs de casting ou les contrats mal ficelés peuvent se payer très cher !

Expert-comptable pour SASU

La SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle) est constituée d’un associé unique. Il peut être une personne physique ou une personne morale. Les SASU dont l’associé unique exerce la fonction de présidence sont soumises à des règles de constitution et de fonctionnement allégées. Ce qui en fait une forme juridique très prisée des entrepreneurs.
Le fait que, par rapport à l’EURL, la SASU permette de définir librement son fonctionnement dans ses statuts est le premier point de vigilance pour l’expert-comptable. Il faut qu’il soit très rigoureux dans la rédaction des clauses pour prémunir l’entreprise de toute ambiguïté préjudiciable au cours de son développement.
La deuxième contribution de l’expert-comptable au fonctionnement d’une SASU est l’accompagnement comptable. Moins contraignante que pour la SAS, par exemple, la gestion des SASU doit respecter les règles des sociétés de gestion commerciale. Il faut principalement déposer les comptes annuels et tenir un registre des décisions de l’actionnaire unique.
La troisième contribution de l’expert-comptable au dirigeant d’une SASU est certainement la plus importante. Le principal avantage du statut de la SASU est fiscal, avec une imposition des bénéfices à l’IS et l’absence de charges sociales sur les dividendes. Le cabinet d’expertise comptable accompagnant une SASU se doit de proposer une stratégie patrimoniale optimisée au dirigeant de l’entreprise.

Expert-comptable pour profession libérale

Si la profession libérale a opté pour le régime de micro-BNC (moins de 70 000 euros de recettes annuelles), elle n’a pas à tenir de comptabilité proprement dite. Il lui suffit de tenir un registre où elle comptabilise de façon chronologique l’ensemble de ses recettes. Et de déclarer son chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre.
Si la profession libérale a opté pour le régime de déclaration contrôlée (obligatoire au-delà de 70 000 euros de recettes annuelles), la gestion est plus contraignante. Elle exige la tenue d’une comptabilité, la tenue d’un journal d’achats en plus du journal de ventes et même la tenue d’un journal d’immobilisations. Un expert-comptable qui maîtrise les particularités du métier exercé par la profession libérale est un gros plus pour aborder la production du bilan et du compte de résultat de la manière la plus sincère.
Si la profession libérale a choisi d’exercer en société, cela ne change rien au fait que choisir un expert-comptable à l’aise avec les particularités de son secteur d’intervention est clé.
Certains cabinets d’expertise comptable ont en outre développé un savoir-faire particulier concernant les professions libérales réglementées, comme les professionnels de santé, les notaires, les architectes, les assurances, les avocats ou les géomètres. Soumises à des obligations et à des autorisations, ces professions induisent d’en maîtriser les arcanes pour apporter une valeur ajoutée maximale et toute garantie de conformité.

Expert-comptable pour auto-entrepreneur

Soumise au régime de micro-BNC, la micro entreprise a surtout besoin d’un expert-comptable qui puisse la conseiller. Si la micro entreprise est une activité à part entière ayant vocation à se développer, ce besoin va augmenter avec la croissance du business, jusqu’au moment où il faut changer de statut et devenir une entreprise à part entière.
Quel logiciel de facturation choisir ? Comment gérer les problématiques de TVA ? Comment négocier au mieux le franchissement du seuil au-delà duquel il faut abandonner le statut de micro entrepreneur ? Comment embaucher et gérer mon premier collaborateur ? Quels tableaux de bord mettre en place ? Les réponses à ces questions sont capitales pour un micro entrepreneur dédié à la réussite de son business. Il va choisir un expert-comptable qui saura jouer le rôle de coach pour l’accompagner dans sa montée en puissance.

Expert-comptable pour SCI

Une société civile immobilière n’est généralement pas obligée de tenir une comptabilité commerciale. Si elle a choisi d’être soumise à l’impôt sur le revenu, une comptabilité de trésorerie peut suffire à la SCI.
Si la SCI est assise sur un bien immobilier simple n’induisant qu’un nombre limité d’opérations comptabilisables, il est probable qu’elle peut se contenter d’un journal de dépenses et de recettes. Mais si la SCI dispose de plusieurs biens immobiliers ou si le bien autour duquel elle est constituée est subdivisé, par exemple en appartements, le suivi de la gestion deviendra plus complexe à maîtriser, et à tout le moins davantage consommateur de temps.
La collaboration avec un expert-comptable est alors clairement recommandée, pour tenir la comptabilité et effectuer les déclarations de TVA.
Mais c’est sur le terrain de la conformité légale que le savoir-faire de l’expert-comptable est le plus important. Un gérant de SCI occupe en général d’autres fonctions. Il a peu de temps à y consacrer et ne dispose pas des compétences en termes de fiscalité. Être entouré par un cabinet d’expertise comptable rompu à la mécanique des SCI est un atout tout au long de la vie de la société civile immobilière : choix du type de SCI, choix du régime fiscal, rédaction des statuts, gestion des assemblées générales et transmission.

Depuis 2012, les entreprises et les travailleurs indépendants peuvent conclure avec leur expert-comptable un mandat unique, valable pour l’ensemble des organismes et des formalités. Il remplace pour les télé-procédures les multiples formules qui préexistaient : déclaration de résultats, IS, TVA, taxe sur les salaires et CVAE notamment.

¹Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables – étude biennale 2017