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Simplifier les tâches administratives pour offrir du « temps utile » et libérer les entrepreneurs

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Est-il besoin de rappeler le rôle capital que jouent les entrepreneurs et les PME, y compris nos start-ups et micro-entrepreneur-euses, dans l’économie française ? Sur les 3,75 millions d’entreprises¹ que compte le pays, la quasi-totalité relève de la catégorie des PME, dont la plupart sont des microentreprises ou TPE, et représentent près de la moitié des emplois et de la valeur ajoutée globale générée.
Oui, la France semble à un tournant décisif, qui la ferait passer de son pessimisme endémique, réputé « chronique », à la prise de conscience de sa vraie valeur, pour porter enfin l’esprit d’entreprise comme fer de lance dans sa course à compter parmi les « Grands ».

Pourtant, au-delà des différentes initiatives conduites, y compris au niveau de l’Etat, pour financer la marque « France » et booster la dynamique de nos supers entrepreneur-euses, il serait illusoire de vouloir éluder les difficultés que rencontrent nos petites entreprises, et ce dès les premiers instants de leur vie, pour trouver le chemin de la croissance. Car comment accepter que la plupart des start-ups ou micro-entreprises ne passent pas la barre des 12 mois de vie pour cause de problèmes de trésorerie et de délais de paiements intenables ? Que penser d’un tissu économique où les petites entreprises ne réussissent pas à organiser leurs tâches et croulent sous le fardeau des démarches et paperasseries ?

Elles doivent pouvoir se consacrer à ce qui fait leur force : leur cœur de métier ! Le capital humain et les solutions existent pour enclencher ce mouvement, les entrepreneuses-eurs ont juste besoin de savoir par où commencer…

Une fois les activités inutiles supprimées, l’entrepreneur peut se concentrer sur son métier cœur et les chances de pérenniser son activité s’accroissent !

Evitons d’en rester au simple constat d’échec, qui heureusement n’est pas systématique. Il convient d’aller plus loin et de s’interroger sur le détail de ces activités non productives et comment le processus de digitalisation peut aider à une meilleure performance. Avec les données aujourd’hui disponibles en matière de pratiques en entreprises, il devient possible d’identifier de manière fine les besoins opérationnels et dans les processus métiers, et d’évaluer les tâches véritablement improductives.

Une étude² montre qu’une augmentation de 7,7% du temps consacré au travail productif en France se traduirait par une hausse du PIB d’environ 43,9 milliards d’euros. Un tel gain de productivité est concrètement réalisable grâce à la réduction du temps consacré à certaines activités administratives. Et ce temps gagné est mesurable ! En moyenne 142 jours de travail dans une PME et 131 dans une microentreprise sont consacrés à la gestion administrative. C’est plus de la moitié d’un équivalent temps plein, soit une large part du total des effectifs pour des structures de cette taille.

Les fonctions traditionnelles et non productives de gestion remises en question

C’est une évidence : même si elle est nécessaire et même fondamentale, l’obligation de se conformer aux exigences administratives et réglementaires a des effets considérables sur les entreprises, tant en termes d’effectifs dédiés à ces missions qu’en coûts associés. Bien sûr des réformes sont indispensables côtés Etat et régions mais là n’est pas le propos.

La plus lourde de ces tâches, de loin la plus coûteuse, pour les PME en France concerne la comptabilité, accaparant plus de 27 % du temps moyen consacré aux tâches administratives (contre 20% en moyenne dans le monde). Mais d’autres plus opérationnelles comme le recrutement et les RH ne sont pas en reste. Enfin, on trouve également en positions suivantes les tâches liées à la facturation, à la fiscalité et à la paie.

Les nouvelles clés pour la croissance agile : transformation digitale, technologie & cloud, gestion des talents et nouvelles formes de travail

À mesure que les entreprises deviennent numériquement plus intelligentes, la technologie prend en charge une partie de ces activités et les coûts administratifs diminuent proportionnellement. Mais cette transformation numérique se produit plus lentement qu’elle le devrait, l’un des freins cités par les entrepreneurs restant la perception du coût de mise en œuvre de ces solutions.

Pourtant, il ne fait aucun doute qu’accorder, en pleine confiance, l’utilisation d’applications mobiles communes par les collaborateurs, réduit considérablement les frais généraux et rend les entreprises plus efficaces.
Le pouvoir de la technologie est fort et impacte déjà directement les façons de travailler, qui font la part belle au capital humain : télétravail, activités en mobilité, conseils externalisés. La technologie ouvre de nouveaux marchés avec de nouveaux profils et compétences, et elle crée aussi de la valeur et la croissance.

Pour finir, il faut bannir les temps perdus à administrer des tâches sans valeur ajoutée. Pour se développer, startups et petites entreprises peuvent clairement tirer parti de la technologie et rapidement obtenir un avantage concurrentiel en suivant le rythme de l’innovation. La PME-TPE doit juste se donner les moyens d’inspirer d’autres personnes qui viendront embrasser cet objectif fondamental qui est de suivre l’innovation et de concrétiser ses projets.

Les dirigeant(e)s doivent réfléchir de manière critique sur la façon dont les technologies telles que l’IA et les améliorations mobiles peuvent les aider à naviguer dans un nouveau paysage réglementaire, réduire les coûts, tout en se concentrant sur les opportunités de croissance et en recrutant les bons profils.
Bien sûr, l’Etat et les institutions gouvernementales étudient déjà les moyens de faciliter la transition des petites entreprises vers le monde numérique. La formation va à cet égard jouer un rôle clé dans la manière d’entreprendre demain.

¹Loi de modernisation de l’économie (LME), œuvrant dans les secteurs marchands non agricoles – chiffre 2013
²Etude Sage « A la recherche du temps perdu : impact du poids de la bureaucratie » – automne 2017