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Quel est le Code de déontologie de l’expert-comptable ?

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L’expertise comptable est une profession réglementée, répondant à des obligations et régie par l’Ordre des experts-comptables. Un expert-comptable détient une prérogative exclusive d’exercice dévolue par la loi. Régulièrement diplômé et inscrit au sein de l’annuaire de l’Ordre des experts-comptables, il est habilité à tenir, réviser et arrêter les comptabilités des entreprises et des associations.

Le Code de déontologie s’applique à tous les experts-comptables, quel que soit leur mode d’exercice de leur métier. Le Code s’applique ainsi aux experts-comptables, aux cabinets d’expertise comptable, aux comptables stagiaires et aux associations de gestion et de comptabilité.

Un professionnel de l’expertise comptable est engagé par quatre types d’obligations : des obligations générales, relatives à son comportement, à l’entretien de ses connaissances et à sa communication, des obligations vis-à-vis de ses clients, des obligations vis-à-vis de ses confrères et des obligations vis-à-vis de l’Ordre.

Les obligations générales de l’expert-comptable

Les experts-comptables sont tenus de prêter serment dans les 6 mois de leur inscription au tableau de leur Ordre régional selon la formule ci-après : « Je jure d’exercer ma profession avec conscience et probité, de respecter et faire respecter les lois dans mes travaux » (article 3).

Les professionnels de l’expertise comptable sont invités à agir en professionnels indépendants. Il se doivent d’actualiser en permanence leur savoir-faire (article 5). Les experts-comptables s’engagent à consacrer le temps qui convient à chaque sujet dont ils sont saisis et à exprimer un avis sans complaisance lorsqu’ils sont consultés. Ils s’interdisent par ailleurs de se placer dans une situation qui altère leur libre-arbitre ou corresponde à un conflit d’intérêts.

Les experts-comptables sont tenus pour responsables de la compétence de leurs collaborateurs et doivent veiller à l’application par tout le personnel du cabinet des critères de qualité qui s’imposent à la profession (article 8). Ce contrôle qualité est un fondement de la réputation de la profession et de sa capacité à accompagner les entreprises dans leurs enjeux.

Une lettre de mission détaillant les points clés du partenariat est obligatoirement adressée au futur client et signée par lui avant l’entrée en vigueur effective de la mission (article 11). Elle stipule les engagements réciproques des deux parties.

En tant que profession réglementée, l’expertise comptable se voit encadrée pour ses prises de parole et pour ses actions de promotion. La discrétion du professionnel et l’exactitude des termes qu’il emploie sont scrutées avec vigilance (articles 12 à 14).

Les obligations de l’expert-comptable envers ses clients

Fondamentalement, l’expert-comptable est engagé vis-à-vis de ses clients par un devoir de conseil. Il doit bien sûr également observer une totale discrétion au sujet des affaires de ses clients. Un expert-comptable est tenu par le secret professionnel.

Ces obligations sont indiquées à ses clients à travers sa lettre de mission, à côté d’autres clauses expressément exigées. On y trouve aussi rappelée, par exemple, l’obligation de vigilance de l’expert-comptable. Le Code de déontologie des professionnels de l’expertise comptable précise que cette obligation se décline en quatre diligences : une obligation d’information, un devoir d’alerte, un comportement engagé et une position diligente (article 15).

• Une obligation d’information

L’obligation d’information impose à l’expert-comptable d’informer son client des obligations réglementaires induites par son activité professionnelle. Variables pour partie selon les secteurs d’activité, ces obligations s’appliquent à toute entreprise qui évolue en France. Elles peuvent être d’ordre social, fiscal, environnemental ou encore juridique. Le cabinet d’expertise comptable est tenu bien sûr de les connaître mais aussi de les indiquer et/ou de les rappeler à chacun de ses clients, à tout le moins de constater qu’elles sont observées.

À travers sa mission de tenue et de révision des comptes, l’expert-comptable est en position de discerner un risque économique ou un risque de réputation. Il est de son devoir de partager cette information avec l’entreprise, de façon à lui permettre de prendre toute disposition utile et de réagir dans les meilleurs délais.

• Un devoir d’alerte

Même si la performance de l’entreprise n’est pas affectée à date, la relation de proximité entretenue par l’expert-comptable avec le dirigeant de l’entreprise peut lui permettre de détecter un comportement ou des choix porteurs de risques. Le professionnel est là encore tenu d’alerter son client et de tenter de le dissuader de toute décision manifestement préjudiciable pour l’entreprise ou pour son patrimoine.

• Un comportement engagé

Lorsque l’expert-comptable constate que son client prend des décisions contraires à son intérêt, ou non conformes à la loyauté vis-à-vis des tiers, il est tenu de lui signaler son erreur. Le cabinet comptable est invité à documenter ses efforts de pédagogie en consignant par écrit ces éventuelles réserves. L’expert-comptable démontre par cette expression écrite qu’il a réellement et fortement incité son client à respecter ses obligations et qu’il ne cautionne en aucun cas d’éventuels manquements préjudiciables. Indépendamment du fait de dégager sa responsabilité en cas de conséquences néfastes, le cabinet comptable place ainsi son client face à ses responsabilités. Cette confrontation suffit le plus souvent pour observer une inflexion de son comportement.

• Une position diligente

La position de diligence s’impose lorsque les efforts de l’expert-comptable pour faire entendre raison à son client ont échoué. S’interdisant toute forme de complaisance, le cabinet d’expertise comptable est tenu de par cette position diligente de mettre fin à la collaboration. Ce type de décision de dernier ressort intervient bien entendu in fine, au constat d’un manquement avéré et délibéré de l’entreprise à ses obligations. Et surtout dans le cas où le client refuse de revenir sur une décision manifestement non conforme ou préjudiciable. Il en va de la responsabilité de l’expert-comptable.

Une problématique de conflit d’intérêts ou de perte d’indépendance de l’expert-comptable est une autre cause possible de rupture du contrat (article 17).

Un conflit éventuel portant sur la réalisation de la mission ou sur le règlement des honoraires au cabinet peut opposer un expert-comptable à son client. Dans ce cas, sous réserve de l’accord du client, le Président du Conseil régional de l’Ordre est qualifié statutairement pour arbitrer ou animer une séance de conciliation (article 19).

Les obligations de l’expert-comptable envers ses confrères

Sous l’égide du Conseil supérieur de l’Ordre, les experts-comptables se doivent mutuellement respect et courtoisie. Toute manœuvre visant à nuire ou à déstabiliser un confrère est sévèrement considérée (article 21). Les différends entre experts-comptables font l’objet d’une conciliation ou d’un arbitrage conduit par le président du Conseil régional de l’Ordre.

Remplacer un confrère auprès d’un client ne peut se faire que dans le cadre d’une passation de dossier précisément balisée (article 23). Le successeur doit s’assurer du règlement des sommes dues par le client à son prédécesseur avant d’entamer la moindre contribution. Pour ce faire, le repreneur informe le précédent professionnel par l’envoi d’une lettre déontologique de reprise, s’informant notamment des honoraires qui restent éventuellement dus. Le prédécesseur quant à lui doit fluidifier la transmission des éléments utiles à la poursuite de la mission.

La disponibilité de l’offre d’expertise comptable fait l’objet de trois articles (24 à 26). Il est rappelé dans ce chapitre du Code de déontologie de l’expert-comptable que l’installation d’un expert-comptable est libre. Un cabinet d’expertise comptable peut faire l’objet d’une revente de clientèle lorsque l’expert-comptable prend sa retraite. Enfin, en cas d’indisponibilité temporaire d’un expert-comptable, la Profession organise la continuité du service en traitant les dossiers en cours en lieu et place du titulaire indisponible. Le Code mentionne expressément que « le respect de la clientèle de l’expert-comptable par celui de ses confrères appelé à le remplacer est un devoir impérieux ».

Les obligations de l’expert-comptable envers l’Ordre

Ce quatrième et dernier chapitre du Code de déontologie de l’expert-comptable traite globalement de la gouvernance de la profession et de la préservation de sa réputation.

À titre individuel, tout expert-comptable poursuivi judiciairement pour des raisons liées à l’exercice de sa profession est tenu d’en informer le Président de son Conseil régional de l’Ordre (article 27). De même, tout litige financier opposant un cabinet d’expertise comptable à l’un de ses clients et susceptible de déboucher sur une rétention des travaux effectués par le cabinet doit être signalé à l’Ordre (article 28).

Dans le cadre collectif du fonctionnement des diverses instances qui régissent la profession, l’exercice effectif du mandat dans une perspective positive est une exigence (article 29). Le Code garantit également la liberté d’expression des élus et représentants. Un article qui vise manifestement à favoriser une dynamique collective forte au service de la filière toute entière.