Gestion Financière

Trésorerie sous tension : comment garder la maîtrise ?

Les entreprises françaises évoluent dans un climat de tensions et d’incertitudes. Pour assurer votre pérennité et reprendre le contrôle de votre trésorerie, suivez le guide.

Homme en chemise assis à une table en train d'écrire
6 min de lecture

Inflation, accroissement des délais de paiement, difficultés de financement : la trésorerie des entreprises est soumise à une pression sans précédent. Dans ce contexte, il est vital de reprendre le contrôle de vos liquidités et de vos process pour assurer votre pérennité.

Un contexte économique inquiétant pour les entreprises tricolores

Instabilités politiques et économiques, augmentation des coûts d’approvisionnement, hausse du coût de l’énergie, conditions de financement plus contraignantes, concurrence accrue…
Les entreprises françaises évoluent actuellement dans un climat de tensions et d’incertitudes.

15 milliards d’euros. 
C’est le déficit de trésorerie des PME françaises en 2024 en raison des retards de paiement1.

Pour ne rien arranger, les délais de paiement se dégradent plus rapidement au sein de l’Hexagone qu’en Europe : le retard moyen de paiement était de 13,6 jours au quatrième trimestre 2024 (+1 jour sur un an). Quant aux retards supérieurs à 30 jours, ils continuent de progresser et concernent désormais 9 % des sociétés tricolores1.

La maîtrise de la trésorerie comme priorité n°1

Ces difficultés ne sont pas sans conséquences pour la santé des entreprises : le nombre de défaillances sur 12 mois était d’environ 67 000 en mai 20252. Bien que ce chiffre se stabilise, les dirigeants sont peu confiants en l’avenir : 98 % d’entre eux redoutent une hausse significative des dépôts de bilan d’ici la fin de l’année3. Tout aussi inquiétant, 1 TPE-PME sur 3 juge sa situation de trésorerie difficile4.

88 % des entreprises françaises
s’attendent à une dégradation de la conjoncture d’ici fin 20252.

Dans ce contexte économique morose, les directions financières ont fait du pilotage et de la gestion de la trésorerie leur principale priorité. Selon une enquête menée par le cabinet PWC auprès de ses clients, les entreprises tricolores affichent d’ailleurs trois objectifs majeurs pour 20255 :

  • optimiser la création de trésorerie, notamment pour faire face aux difficultés d’accès au crédit ;
  • avoir une meilleure visibilité sur l’avenir, alors que la dégradation des comportements de paiement et la volatilité de la demande complexifient les projections ;
  • fluidifier la circulation de la trésorerie, notamment pour répondre au besoin de liquidité.

4 leviers pour reprendre le contrôle de votre trésorerie

1. Anticiper pour mieux gérer

Disposer de prévisions fiables de liquidités et de trésorerie est essentiel pour piloter efficacement l’entreprise. Pour cela, le mieux est de se doter d’un logiciel de gestion comptable capable de dresser des projections à plus ou moins long terme. Bien plus efficace que des prévisions réalisées manuellement à l’aide d’une feuille de calcul, cet outil présente plusieurs intérêts :

  • maîtriser les dépenses et leur impact sur la trésorerie de l’entreprise ;
  • modéliser l’évolution des liquidités selon différents scénarios ;
  • analyser l’effet des changements de taux d’intérêt ;
  • anticiper les difficultés de paiement des clients ;
  • s’appuyer sur une solution enrichie en intelligence artificielle pour être aidé dans ses prises de décision.

2. Piloter vos dépenses et vos stocks

L’optimisation de votre trésorerie passe également par une meilleure gestion de vos dépenses et de leurs modalités. Fournisseurs, prestataires, impôts… n’hésitez pas à négocier auprès de vos créanciers pour obtenir des conditions de paiement plus favorables, tel qu’un échelonnement des factures par exemple. Dans le même temps, il est indispensable d’analyser les dépenses récurrentes et de supprimer les postes superflus, tout en sensibilisant les équipes à une gestion plus économe des ressources (énergie, fournitures, etc.).

Vous pouvez également améliorer votre gestion des stocks pour limiter leur poids sur votre trésorerie. Cela peut passer par une optimisation du niveau des stocks (inventaire juste-à-temps, classification ABC, etc.), la mise en place de process agiles de réapprovisionnement (point de commande automatique, réapprovisionnement à la demande, etc.), de meilleures prévisions de la demande ou encore le suivi des indicateurs clés (taux de rotation des stocks, coût du stock, etc.).

3. Encadrer et suivre les encaissements

Nous l’avons vu : les retards de paiement et les impayés sont l’une des principales causes de défaillance pour les entreprises. C’est pourquoi, vous devez mieux piloter les encaissements pour limiter les incertitudes sur ce poste. Plusieurs options s’offrent à vous, dont :

  • négocier et réduire les délais de paiement : vous pouvez exiger un paiement sous 30 jours par exemple ;
  • encadrer les délais de paiement : mentionnez systématiquement la date d’échéance et les pénalités encourues en cas de retard ;
  • proposer des incitations financières : une remise de 2 % pour un règlement sous 5 jours par exemple ;
  • définir un workflow de relance : première relance à J+15, appel téléphonique 5 jours après l’échéance, etc. ;
  • diversifier les moyens de paiement proposés : virement, prélèvement, chèque, Stripe, etc. ;
  • mieux gérer le risque client : vous pouvez réaliser un scoring du client, demander des acomptes ou encore mettre en place des garanties (caution bancaire, assurance-crédit, etc.) ;
  • financer le poste client via de l’affacturage ou de l’escompte par exemple.

4. Adopter la facturation électronique

Bien qu’elle ne soit progressivement obligatoire qu’à partir de septembre 2026 pour vos transactions B2B, vous avez tout intérêt à passer à la facturation électronique dès maintenant pour mieux piloter votre trésorerie. Cette solution présente en effet de nombreux avantages :

  • une réduction des délais de paiement grâce à la transmission instantanée des factures ;
  • des encaissements plus rapides car le traitement et la validation des factures sont accélérés chez les clients ;
  • une visibilité en temps réel grâce à un suivi immédiat des factures émises et reçues ;
  • des relances automatisées et la réception d’alertes sur les factures en retard ;
  • des prévisions de trésorerie affinées offrant une meilleure anticipation des entrées et sorties de liquidités ;
  • une réduction des erreurs, des rejets ou des litiges qui peuvent bloquer les paiements ;
  • une meilleure gestion des flux fournisseurs grâce à une planification optimisée des décaissements.

Pour entreprendre cette transition vers la facturation électronique, vous pouvez d’ores et déjà vous doter d’un logiciel de gestion comptable compatible avec une plateforme agréée, (anciennement Plateforme de Dématérialisation Partenaire ou PDP). Une solution pour industrialiser la gestion des factures et ainsi limiter l’impact des retards de paiement sur votre trésorerie.

1 Observatoire des délais de paiement : rapport annuel 2024 – Banque de France – 2025
2 Défaillances d’entreprises – 2025-05 – Banque de France – 2025
3 Baromètre ARC/Ifop – Cabinet Arc – 2025
4 Baromètre Trésorerie, Investissement et Croissance des PME/TPE : 2e trimestre 2025 – Bpifrance Le Lab – Rexecode – 2025
5 La trésorerie au cœur des priorités financières – PWC – 2025

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