Légal & Réglementation

Rejet d’une facture électronique : les 3 cas et comment les éviter ?

Le rejet d’une facture électronique peut bloquer vos paiements. Découvrez les 3 causes principales (émission, réception, défaut de plateforme) et comment les éviter pour garantir une transmission fluide. Information pratique avec exemples concrets et solutions immédiates.

Les 3 cas de rejet d’une facture électronique
Publié le 8 min de lecture

L’essentiel à retenir

  • Le rejet d’une facture électronique bloque sa transmission, contrairement au refus qui est une opposition du client.
  • Les 3 causes de rejet : non-conformité à l’émission, blocage par la plateforme du destinataire ou absence de plateforme agréée chez le client.
  • Les formats acceptés : UBL, CII ou Factur-X ; un PDF non structuré sera rejeté.
  • Le destinataire non-conforme risque jusqu’à 1 000 euros d’amende par trimestre en 2026.
  • Corrigez et réémettez rapidement la facture pour éviter les retards de paiement.

Un rejet d’une facture électronique bloque sa transmission. Contrairement au refus, ce rejet d’une facture électronique est un blocage technique.

Pour autant, ces rejets coûtent cher aux entreprises. Il faut apprendre très vite à les éviter.

Voici les 3 causes principales et leurs solutions :

Cas n°1 : le rejet à l’émission

Le premier cas de rejet d’une facture électronique intervient dès le premier contrôle. Comme vous le savez, ce premier contrôle est exercé par la plateforme agréée de l’expéditeur de la facture.

Le contrôle porte sur de nombreux points. Par exemple :

  • La conformité du format de la facture : UBL, CII ou Facture-X ;
  • La présence des mentions obligatoires sur la facture : numéro SIREN, adresse de livraison des biens…
  • La cohérence entre les montants HT et TTC.
  • L’antériorité du document : la facture émise ne doit pas être un doublon.

Si le contrôle est positif, pas de problème : la facture électronique poursuit sa route. C’est-à-dire qu’elle est transmise par la plateforme agréée de l’émetteur à la plateforme agréée du destinataire.

En revanche, si le contrôle est négatif, la plateforme agréée de départ bloque l’envoi de la facture. L’émetteur est informé en recevant le statut ‘’rejetée’’.

Il doit procéder à une annulation comptable via un avoir interne. Et surtout corriger l’anomalie qui justifie le rejet de sa facture électronique. Pour finalement adresser une facture conforme à son client.

Bon à savoir :

  1. Le motif du rejet est indiqué à l’émetteur en même temps que le statut.
  2. Le statut ‘’rejetée’’ n’est pas transmis au destinataire. Bloquée au départ, c’est comme si cette facture n’avait jamais existé.

Cas n°2 : le rejet à la réception

Le rejet de la facture électronique peut intervenir à l’étape suivante. C’est le deuxième cas de rejet.

Dans cette situation, c’est la plateforme agréée du destinataire qui entre en jeu. Comme la plateforme de départ, elle doit procéder à une série de contrôles de conformité.

En principe, ce sont des contrôles analogues aux précédents. Dans les faits, il peut arriver qu’une facture électronique transmise par la première plateforme soit bloquée par la seconde. Par exemple parce que la seconde plateforme fixe des limites de taille de fichier plus restrictives que la première.

C’est donc le deuxième cas de rejet d’une facture électronique.

Concrètement, pour le fournisseur qui a émis la facture, la conséquence est la même que pour le premier cas de rejet. Reconnue comme non-conforme, la facture ne sera pas payée.

D’ailleurs, elle ne sera même pas transmise au client.

Ce qui va se passer dans ce cas de figure :

  1. L’émetteur reçoit un statut ‘’rejetée’’ et le motif du rejet.
  2. Le destinataire est également informé via le statut ‘’rejetée’’ : il est donc informé qu’une facture qui lui était destinée a été rejetée.
  3. Le destinataire ne reçoit pas la facture. Comme dans le cas de rejet précédent, il appartient à l’expéditeur de refaire une facture conforme.

Cas n°3 : le rejet pour défaut de plateforme agréée

Le troisième cas correspond au fait que le destinataire n’a pas déclaré de plateforme agréée. Il est donc matériellement impossible de lui transmettre une facture électronique. La non-conformité de la facture n’est plus la raison du rejet. C’est bien la non-conformité du destinataire qui est en cause.

Du point de vue des échanges d’information, que se passe-t-il ?

  1. L’émetteur reçoit un statut ‘’déposée’’ auquel est associé la mention ‘’non transmise’’.
  2. Le destinataire ne reçoit rien, puisqu’il n’est pas équipé.
  3. Les données fiscales de la facture sont transmises à l’administration.

Pour l’expéditeur, la situation n’est pas tout à fait la même que dans les deux cas de rejet précédents. Car la facture n’a pas à être refaite. Cependant, elle doit être transmise sous la forme d’un duplicata lisible pour permettre le règlement. Et l’administration informée du paiement.

Le destinataire non-conforme, de son côté, est soumis à sanction, selon un régime fixé par la loi de finances pour 2026 :

  • Mise en demeure de régulariser sous trois mois.
  • Amende de 500 euros en cas de non-exécution, assortie d’une deuxième mise en demeure.
  • Au bout du délai, amende de 1 000 euros par trimestre tant que l’entreprise n’est pas équipée d’une adresse de facturation électronique active.

Très clairement, pour une entreprise assujettie à la TVA qui n’a pas déclaré de plateforme agréée, le coût est élevé.

Mais pour l’émetteur de la facture, la perte de temps est aussi synonyme de perte d’argent. Sans compter le risque plus élevé de ne pas être réglé.

C’est pourquoi il est important de vérifier la conformité de ses partenaires commerciaux avant de procéder à toute nouvelle transaction.

Pour résumer

Point cléExplicationPour action
Rejet ≠ RefusLe rejet est un blocage technique (facture non transmise). Le refus est une opposition du client (facture reçue mais contestée).Vérifiez le statut pour distinguer les deux cas.
3 causes principalesNon-conformité de la facture détectée à l’émission Non-conformité de la facture détectée à la réception Défaut de plateforme agréée du destinataireCauses 1 et 2 : annulez la facture, corrigez l’anomalie et réémettez une nouvelle facture conforme. Cause 3 : transmettez la facture en papier ou en PDF.
La facture est rejetée car non-conformeLe format n’est pas bon, certaines mentions obligatoires manquent ou des incohérences sont relevées entre les informations.Équipez-vous d’un logiciel de gestion à jour des exigences légales.
La facture est rejetée pour défaut de PA du destinataire.Le client est assujetti à la TVA mais n’a pas déclaré de plateforme agréée.Vérifiez la conformité de vos partenaires via l’annuaire de la facturation électronique.

En conclusion, le fournisseur a deux précautions à prendre pour s’assurer de la fluidité de la transmission de ses factures :

  • La conformité des factures qu’il émet (format, mentions et absence de doublon).
  • La déclaration dans l’annuaire par chacun de ses clients d’une plateforme agréée.

Le rejet d’une facture électronique est une anomalie qui appelle un correctif sans délai. C’est à ce prix que les bénéfices de la réforme profiteront réellement aux entreprises.

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Qu’est-ce qu’un rejet de facture électronique ?

Un rejet résulte d’une anomalie technique détectée en amont de la distribution de la facture. Dans les faits, une facture rejetée n’a pas été reçue par le client, quelle que soit la motivation du rejet. Par exemple, en raison de l’absence d’une mention obligatoire.

Le rejet est donc différent du refus, qui, lui, est décidé et motivé par le destinataire après réception de la facture.

Un rejet de facture électronique est-il toujours motivé ?

Oui, et c’est très important. C’est le système qui décide du rejet de la facture. La procédure induit que l’expéditeur, dont la facture n’a pas été transmise, reçoive en même temps que l’information de rejet la motivation du blocage.

C’est en fonction du motif qu’il peut émettre une nouvelle facture qui efface l’anomalie bloquante. Par exemple, des montants HT et TTC incohérents.

Le destinataire est-il informé du rejet d’une facture électronique qui lui est adressée ?

La question est pertinente, dans la mesure où une facture rejetée n’est pas transmise au destinataire. Elle n’existe pas dans son système de gestion.

Lorsque la facture est rejetée par la plateforme agréée de l’émetteur, le client n’est pas informé. Mais lorsque la facture est rejetée au niveau de sa plateforme, le client reçoit l’information du rejet en même temps que son fournisseur. En revanche, il ne reçoit pas la facture elle-même.

Que faire lorsque le rejet de la facture est dû au fait que le client n’est pas équipé d’une plateforme agréée ?

D’abord, observons que cette information est à connaître avant même toute transaction. Une entreprise assujettie qui n’est pas en conformité doit être invitée à s’équiper d’une plateforme agréée avant l’entrée en relation commerciale.

Mais dans le cas où la prestation est réalisée ou le bien livré, il faut donc pouvoir transmettre la facture. Dans ce cas, le circuit est le circuit classique, avec envoi de la facture en PDF ou en papier. Au regard des pesanteurs subies par le fournisseur et de la sanction financière encourue par le client, cette situation ne peut durer.

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