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Parole de dirigeants – Comment Anima Vinum, maison de vins de terroirs, s’organise et prépare la sortie de crise…

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Parole de dirigeants – Comment Anima Vinum, maison de vins de terroirs, s’organise et prépare la sortie de crise…

Pierre Grimaldi et Jean-François Vandroux se sont rencontrés sur les bancs du lycée agricole de Dijon. Avec Marjon, l’épouse hollandaise de Jean-François, ils ont créé Anima Vinum en 1999¹.
Jean-François Vandroux a guidé les premiers pas de l’entreprise. « Nous commercialisons 500 000 bouteilles auprès de 4 circuits complémentaires : la restauration, les cavistes, la distribution alimentaire et les particuliers en France et à l’export. »
Anima Vinum a choisi de ne proposer que des vins de vignerons-récoltants. C’est-à-dire d’artisans engagés qui cultivent leurs vignes, pressent leurs raisins, élèvent leur vin et le mettent en bouteille.

Une entreprise enracinée en Bourgogne

Anima-Vinum-Marjon-VandrouxInstallée à Meursault, capitale du Chardonnay, Anima Vinum fait la différence grâce à l’exigence de sa sélection artisanale. L’entreprise retient environ 30 % des produits dégustés, issus à 80 % du vignoble bourguignon. Le solde des vins commercialisés par l’entreprise sont issus de terroirs situés dans la Vallée du Rhône, en Champagne et parmi les appellations de Loire ‘’bourguignonne’’.
Marjon Vandroux travaille à plein temps dans l’entreprise depuis 2007, après 6 années passées au sein d’une multinationale agro-alimentaire. « Selon les années, Anima Vinum est le deuxième ou le troisième enchérisseur à la vente annuelle des hospices de Beaune. Et le premier acheteur artisanal. »

L’export représente 35 % des débouchés de l’entreprise. Ses deux principaux marchés sont le Brésil et le Luxembourg, où l’entreprise dispose d’entités dédiées exclusivement à la distribution de ses vins.

Un escargot pour identifier sa passion

Au terme d’un parcours consacré à promouvoir de grandes marques iconiques, Pierre Grimaldi a opté pour la défense des terroirs à plein temps en 2009. « Pour permettre aux consommateurs d’identifier nos sélections, Anima Vinum fait apposer son logo sur le col de chaque bouteille commercialisée et une contre-étiquette dédiée à chacune de nos 450 cuvées au dos. C’est une stratégie de marque encore marginale dans les vins de terroirs. »

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Le maître mot d’Anima Vinum est la proximité humaine. Proximité auprès des :

  • vignerons-récoltants, dont la personnalité des vins traduit leur engagement à toutes les étapes de leur métier complexe
  • partenaires professionnels, qu’Anima Vinum accompagne dans la valorisation des produits à ses valeurs
  • clients particuliers, régulièrement rencontrés à l’occasion d’événements que l’entreprise organise à leur intention

Les deux premières semaines de l’épidémie tétanisent l’entreprise

Marjon Vandroux voit soudain tout se figer avec la décision de confinement. « Le Coronavirus a contaminé toute notre organisation ! Nos clients cavistes et restaurateurs ont fermé. La distribution alimentaire s’est mise en ordre de bataille et priorisé l’approvisionnement en denrées de première nécessité. Les transporteurs se sont également exclusivement concentrés sur les produits prioritaires. Notre partenaire logistique dédié à la livraison des particuliers a fermé. Notre partenaire logistique spécialisé dans les circuits professionnels a dû réduire fortement sa capacité de préparation de commandes pour mettre ses salariés en sécurité. Et l’export est devenu atone. »
En clair, entre le 16 et le 27 mars, Anima Vinum ne peut pratiquement ni prendre de nouvelles commandes, ni livrer les commandes en cours !

Les premières décisions concernent la protection des salariés et de l’entreprise

Anima-Vinum-Jean-Francois-VandrouxJean-François et Marjon Vandroux sont confinés dans leur maison avec leurs deux jeunes enfants. La cour est commune avec les locaux de l’entreprise. « Nous avons appliqué à 100 % les mesures de confinement pour nous protéger les uns les autres. Pierre est confiné en famille à Paris et télé-travaille ; nous avons deux salariées en télétravail et une salariée en arrêt-maladie. Le recrutement d’un nouveau salarié est décalé à la fin du confinement. »

La solidarité est totale à tous les niveaux de la chaîne de valeur. « Nous avons décidé aussitôt d’accélérer le processus de paiement des commissions de nos agents. Nous sommes aussi évidemment attentifs à honorer dans les délais les règlements dus à nos vignerons. »
La solidarité est d’ailleurs partagée. Les fournisseurs d’Anima ont tous accepté de conserver chez eux des stocks réservés étiquetés de manière à donner de la souplesse pour accompagner la reprise au moment où elle se présentera.

Ensuite, pour protéger l’entreprise, les associés envisagent toutes les mesures de nature à alléger la trésorerie, mobilisée par un stock important et pour l’instant à peu près totalement bloqué. « Nous avons focalisé notre attention sur les mesures de prêts garantis. L’enjeu pour nous est de continuer à pouvoir financer notre activité même avec des ventes très réduites. »

Après le choc et l’urgence, la réparation progressive du circuit logistique

Anima-Vinum-Pierre-GrimaldiLe télétravail est le quotidien de Pierre Grimaldi, qui accède avec la même facilité à sa base commerciale Sage depuis son bureau parisien que depuis son bureau à Meursault.

« Après les deux premières semaines au cours desquelles chaque acteur de la chaîne a dû inventer en hâte une organisation opérante, notre potentiel logistique est rétabli chez notre logisticien. C’est un spécialiste du vin, auquel nous confions le stockage de l’essentiel de nos bouteilles, la préparation des commandes et les livraisons vers la clientèle professionnelle.
Pour autant les nouvelles commandes sont encore rares. Nos clients distributeurs, en dépit de ruptures dont nous sommes informés, n’ont manifestement pas encore placé le vin au niveau de priorité qui est le leur habituellement. Ce que nous pouvons comprendre au demeurant. »

Un exercice de lucidité pour imaginer l’après

Les trois associés, constamment en contact, s’appuient sur leur intuition pour envisager la sortie de crise. « Nous sommes au fond sûrs de deux choses, avec lesquelles nous nous efforçons de composer. D’une part, il y aura une reprise de la consommation de nos produits, attachés au plaisir de moments partagés. Il faudra aussi reconstituer les stocks consommés pendant le confinement. D’autre part, nos clients, notamment les cavistes et les restaurateurs, et nos fournisseurs, dont beaucoup sont de petite taille, auront besoin de temps, et donc de nous, pour reconstituer leur trésorerie. »

Pour les circuits professionnels, Anima Vinum envisage le rebond en deux temps.

  • « À travers la distribution alimentaire, tout d’abord, que les ruptures vont finir par faire réagir ; nous avons la chance de disposer d’un réseau qui maille 100 % du territoire national ; ce qui fait que nous ne sommes pas dépendants d’une aire géographique en particulier
  • Auprès de nos partenaires cavistes et restaurateurs, ensuite, quand le confinement sera terminé »

Un plan d’actions pour se tenir prêts et en bon ordre du côté pro

Pierre Grimaldi insiste sur l’importance de l’anticipation. « En attendant la réalité de la reprise, et pour mieux la préparer, nous nous donnons un maximum de souplesse et de réactivité. En particulier, nous mobilisons notre réseau de 12 agents pour qu’ils pré-positionnent toutes les commandes prévisibles, en concertation avec les magasins dont ils ont la charge. De notre côté, nous prendrons le risque avec notre partenaire logistique de préparer ces commandes à dates de livraison variables. Nous voulons ainsi être prêts à honorer sous 48 heures toutes les premières commandes, de façon à passer le plus possible avant le probable engorgement logistique qui va accompagner la sortie du confinement. »

Une opération inédite auprès des particuliers

Du côté des particuliers, Anima Vinum lance une opération ‘’confinement heureux’’ auprès de ses habitués. « Nous avons obtenu le concours de La Poste pour une offre inédite, qui va bien finalement avec l’ambiance solidaire et ‘’retour à l’essentiel’’ que nous ressentons autour de nous. Nous proposons à nos amis, familles et fidèles clients de nous faire confiance sur des assortiments inédits, réalisés à partir de notre stock déporté à Meursault. Chacun en fonction d’un budget choisi et d’une répartition souhaitée entre blancs et rouges, va recevoir sur son lieu de confinement un lot d’appellations et de cuvées dépareillées.
Nous faisons un peu de trésorerie, nous déstockons des références orphelines. Nous maintenons le lien avec nos clients autour d’une idée de la convivialité que nous partageons. Et, aussi, nous leur faisons découvrir des appellations qu’ils ne connaissent pas forcément. »

Quelques enseignements pour demain

Anima Vinum voit se conforter ses certitudes en faveur de son engagement d’authenticité et de passion. « Si nous devons retenir un peu de positif de la crise du Coronavirus, c’est certainement la confirmation de la solidité de nos liens avec l’ensemble de nos partenaires. Nos viticulteurs répondent présents pour exploiter au mieux les rares opportunités que nous avons et surtout pour préparer le rebond en souplesse. Notre logisticien se met en 4 malgré tous les obstacles. Nous sentons nos interlocuteurs chez nos clients attentifs à nous faciliter la vie. »

¹Une quatrième associée, amie d’enfance du duo, n’exerce pas de fonction opérationnelle dans l’entreprise

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