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Parole de dirigeants – Comment Rassinoux SAS, PME industrielle familiale, s’organise pour faire face et même pour accélérer

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Rassinoux

Parole de dirigeants – Comment Rassinoux SAS, PME industrielle familiale, s’organise pour faire face et même pour accélérer

Rassinoux SAS ajoute un atelier de fabrication d’équipements de lignes logistiques et une activité de location de banderoleuses à un métier historique de sous-traitance en tôlerie. L’entreprise, qui emploie 55 personnes à Terminiers (Eure-et-Loir), a lancé deux projets majeurs durant l’année 2020 : une nouvelle activité de location de distributeurs de gel hydro-alcoolique et une vaste réflexion autour de l’optimisation de sa chaîne de production.
Échange avec Éric et Thierry Rassinoux, qui représentent la troisième génération à la tête de l’entreprise…

Une entreprise qui capitalise un savoir-faire historique

Éric Rassinoux est le PDG de l’entreprise, qu’il a reprise en 2004 après une première partie de carrière dans la restauration collective. Thierry Rassinoux est en charge de la production et des achats pour l’ensemble des activités.
« Rassinoux est l’archétype de la PME industrielle familiale. Créée par notre père et notre grand-père, l’entreprise est entrée dans sa 50ème année. Tout est parti d’une forge au cœur du village. Le savoir-faire en découpage, en pliage, en soudure et en finition a progressivement séduit des donneurs d’ordres. C’est sous leur impulsion que Rassinoux est devenu d’abord sous-traitant en tôlerie de précision puis finalement ensemblier. »

Une diversification progressive

Rassinoux SAS est structuré en 4 filiales. L’activité historique, la tôlerie de précision, est portée par Rassinoux Production. « Nous opérons pour des acteurs de la digitalisation du lieu de vente, du bâtiment, de l’aménagement urbain, de la santé, de l’optique, des batteries au lithium. Par exemple, c’est Rassinoux Production qui est derrière de très nombreuses bornes de commande de la restauration rapide et de la grande distribution. Et ce pour toute l’Europe. » Cette activité est en croissance régulière, bénéficiant de clients fidèles. « Nos ateliers ont régulièrement grandi, passés d’une surface de 1 500 m2 à une surface de 3 000 m2 à l’occasion d’une première extension. Notre dernier agrandissement a porté la surface à 5 000 m2. Il faut dire que Rassinoux Production est aussi le principal fournisseur des autres activités ! »
Une deuxième activité a été ajoutée : Atecmaa Packaging, qui assemble des équipements de fin de chaînes de conditionnement : plateaux rotatifs, bras rotatifs, process automatisés de banderolage et convoyeurs à palettes. « Atecmaa Packaging s’adresse à de grands manufacturiers dans les domaines de l’agroalimentaire, de la cosmétique, de la pharmacie ou de l’industrie, comme Dior ou Michelin, et à des acteurs de la logistique, comme FM Logistic. »
Enfin, pour répondre aux attentes des clients, qui souhaitent pouvoir moduler sans risque leurs capacités de production, lisser le coût de leurs investissements et externaliser la responsabilité de la maintenance, « banderoler-eco.com porte l’activité de location de banderoleuses, machines destinées à la mise des palettes sous film ».

Civic Santé, le nouveau pôle d’activité dédié à l’hygiène

L’éclatement de la pandémie début 2020 a utilement rappelé l’importance de l’hygiène des mains. « Notre bureau d’études polyvalent a développé en 15 jours seulement un prototype de borne sans contact. » Déclinant le concept, Rassinoux a créé une gamme complète de bornes, proposées à la vente ou à la location. La société Civic Santé, spécialement constituée pour structurer cette nouvelle activité, reverse une partie de ses bénéfices à des associations, notamment APF France Handicap.
« Cette activité, qui fonctionne uniquement à travers un site marchand, nous a permis d’absorber la baisse d’activité globale constatée en début de pandémie. Les six premiers mois d’exploitation nous ont permis de générer plus de 250 000 euros de chiffre d’affaires, dont un contrat de référence avec la Cité des Sciences et de l’Industrie. »

Un rebond constaté après la période de sidération

Rassinoux a souffert comme toutes les entreprises de l’attentisme des donneurs d’ordres et de la désorganisation de leurs chaînes logistiques au moment de la révélation de la gravité de l’épidémie mondiale. Progressivement, les projets ont revu le jour et les commandes ont repris, avec même un certain rattrapage des mois perdus.
« Nous sommes sous-traitants. La bataille se joue traditionnellement autour du prix. Traditionnellement, c’est une bataille dont nous ne sortons vainqueurs que si nos clients considèrent un coût global, c’est-à-dire le service, la qualité, la créativité, le savoir-faire, l’innovation, la proximité ou encore la réactivité. En allant au-delà du seul taux horaire.
Eh bien depuis l’automne 2020, c’est un peu comme si la pandémie avait accéléré l’avènement d’une nouvelle génération, ou en tout cas d’une nouvelle mentalité. La réduction de l’empreinte carbone, qui induit le choix d’un partenaire à moins de deux heures, ou la préférence pour l’industrie française, qui voit le coût global derrière le prix de vente, induisent de nouveaux comportements, qui nous sont plus favorables. »

Des atouts indéniables facilitent le fort rebond de l’activité et la solidité des perspectives

Rassinoux a deux atouts à mettre en avant : des savoir-faire de niche sur certaines productions, comme les bornes digitales, et le service de proximité.
« Pour les productions simples et reproductibles, comme les bornes de commande en restauration rapide, nous apportons assez de productivité pour être compétitifs. Il faut dire qu’avec 4 500 bornes déjà livrées, nous avons eu le temps de roder nos automatismes !
Le deuxième atout, c’est la créativité. L’intelligence pour trouver des solutions à des problématiques nouvelles. Conjuguées à la proximité qui fait que nous nous déplaçons chez nos clients facilement pour prendre la mesure in situ, la matière grise est un atout de réactivité et de réponse juste !
Mais bon, c’est quand même la bataille ! »

Le digital, un levier à double titre

La digitalisation des processus de l’entreprise est un chantier qui a démarré largement avant l’épidémie de Covid-19. Mais l’année 2020 a confirmé la pertinence des projets lancés et induit le besoin de renforcer certains aspects des démarches engagées.
« Nous avons au fond deux thématiques majeures : la dynamisation du commerce, dans un contexte de distanciation physique, et l’amélioration de notre productivité industrielle, avec l’idée d’absorber une partie de la croissance des activités de location en faisant mieux tourner notre équipement.
Pour le volet commercial, il faut savoir que nous disposons d’un site Internet par activité. Nous avons constaté notre capacité à lancer ex nihilo Civic Santé à travers une promotion uniquement en ligne. Et nous considérons que les habitudes prises à la faveur des contraintes de l’épidémie sont pérennes. C’est pourquoi nous comptons accélérer dans le marketing digital, afin qu’il nous génère toujours plus de demandes entrantes. Nous avons recruté une personne pour dynamiser cette approche du développement commercial à plein temps. On fait du lead ! »

Gagner en productivité pour doubler le chiffre d’affaires à équipements quasi-constants

« Nous avons bâti notre plan stratégique avec l’hypothèse de doubler notre chiffre d’affaires. Le digital est la clé, le moyen d’aller au bout de notre ambition commerciale sans noyer notre système de production. Rassinoux représente une organisation de production au fonctionnement encore artisanal par bien des côtés. Nous faisons le forcing pour nous donner les moyens d’accéder au rang industriel. Deux exemples pour illustrer ce propos. Un cycle de production, c’est pour nous de l’ordre de 800 opérations à programmer et à suivre. C’est impossible sans une gestion de production automatisée. Et bien maîtrisée. Autre sujet, la qualité des commandes et le lien programme de production/approvisionnements. Les commandes d’urgence pèsent encore pour 20 % de notre flux global de commande. C’est un facteur de désorganisation et de coût que nous avons l’ambition de beaucoup mieux maîtriser. Nous devons clairement jalonner nos opérations et détecter très vite la moindre dérive. Pour alerter aussitôt. La digitalisation réelle de notre gestion de production est un sujet qui va nous occuper encore de longs mois, sur lequel nous planchons avec notre partenaire Inseco, mobilisé pour nous permettre de tirer le meilleur parti de notre solution Sage 100 Entreprise Industrie. C’est par exemple tout le défi de mettre en place et surtout de partager des tableaux de bord, des indicateurs, des alertes ou des notifications. On voit bien que derrière la digitalisation, pour les opérateurs, il y a un fort challenge d’acquisition d’un nouveau vocabulaire. Avec la difficulté du turn over et du recours à l’intérim. »

La pandémie de coronavirus, un accélérateur de mutations

« Nous tirons trois enseignements de l’année 2020, que nous nous efforçons de traduire dans notre fonctionnement. Le premier enseignement est l’importance de l’agilité, de la réactivité, qui nous font gagner des clients mais exigent de nous de maîtriser des cycles de production plus courts et un pilotage de notre sous-traitance plus pointu. On peut rattacher à cela aussi le boom de la location, qui correspond à de l’agilité transférée chez nos clients. Le deuxième enseignement est la possibilité nouvelle, en tout cas pour nous, de vendre 100 % à distance des biens d’équipement. C’est une source de revenus que nous avons l’intention d’explorer à fond. Enfin, le troisième enseignement de la pandémie, c’est l’importance des solidarités au sein de nos écosystèmes, avec les clients, avec les sous-traitants et avec les partenaires. Nous aimons dire que nous sommes passés de la sous-traitance à la co-traitance. C’est-à-dire que nous accordons bien davantage d’importance au collectif et à la coopération. C’est en prenant la peine de nous approprier les challenges des autres que nous sommes forts ensemble ! »

Témoignage recueilli en janvier 2021

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