Crowdfunding ou financement participatif : définition

Signifiant littéralement « financement par la foule », le crowdfunding a révolutionné le financement d’initiatives aussi variées que la production d’albums de musique, l’organisation d’événements ou, tout simplement, la création d’entreprise ! Mais de quoi s’agit-il ?

Les origines du crowdfunding

En 1885 déjà, la construction de la Statue de la Liberté avait pu être achevée grâce à une vente de répliques miniatures, à laquelle avaient participé plus de 100 000 anonymes ! Depuis, la méthode du financement participatif a essaimé partout dans le monde, grandement facilitée au cours de la dernière décennie par l’essor d’Internet et des réseaux sociaux. Son principe ? S’affranchir des circuits de financement traditionnels et de leurs intermédiaires officiels (banquiers, courtiers, etc.) pour instaurer une relation et une transaction directes entre le donateur et le porteur de projet.

Ainsi, le financement participatif permet-il à des artistes de se passer des grandes maisons de disques parfois frileuses, ou à des start-ups de financer l’industrialisation de la production en proposant l’achat du produit en avant-première. Il a aussi fait ses preuves en politique, puisqu’en 2008, Barack Obama a récolté 500 millions de dollars (soit les trois quarts de son budget) à travers de plus de 6,5 millions de dons en ligne (soit 77 dollars en moyenne par don) !

Du don au prêt, la « professionnalisation » du crowdfunding

Ce mode de financement, qui compte sur un effet de masse plutôt que sur le montant unitaire, s’est radicalement transformé dans sa nature et ses objectifs. Les fonds levés étaient initialement du love money, c’est-à-dire un don désintéressé que l’on effectue par affinité avec la cause défendue, le produit à naître ou le porteur de projet, mais sans rien attendre en retour – si ce n’est quelques contreparties symboliques : un t-shirt, une place de concert, une dédicace…

Avec le temps, le financement participatif s’est propagé aux prêts et aux prises de participation, intégrant des notions de rentabilité, d’intérêts et de dividendes. C’est ainsi que sont nées des plateformes permettant de prêter de l’argent à des entreprises (crowdlending) ou d’entrer au capital (crowdequity). Cette nouvelle philosophie constitue désormais le cœur de la pratique, puisqu’en 2018, la croissance du secteur a été tirée par les prêts (+ 40 % de fonds collectés entre 2017 et 2018¹) tandis que le don reste stable.

Les règles encadrant sa pratique

Dès lors que le crowdfunding est utilisé comme mode de financement à part entière, avec des prévisions de rentabilité et de retours sur investissements pour les prêteurs et actionnaires, il induit des obligations légales et éthiques importantes. En particulier, il est nécessaire de déterminer :

  • la nature du projet ;
  • la présentation des risques ;
  • le degré d’information de l’investisseur.

Ces impératifs sont au cœur de l’encadrement du secteur voulu par le législateur en 2014, qui a donné naissance à deux nouveaux statuts :

  • le conseiller en investissements participatifs ;
  • l’intermédiaire en financement participatif ;

Dès lors, de nouvelles règles de protections des consommateurs ont été instaurées.

D’un point de vue comptable, l’opération doit apparaître dans les comptes de l’entreprise qui lève des fonds. Le bilan doit présenter, en face des sommes reçues, la contrepartie promise aux participants. Selon les cas, il s’agira :

  • d’une dette, dans le cadre d’un prêt ou de contreparties promises ;
  • d’une avance reçue, si vous devez livrer le produit ;
  • d’une augmentation de capital, si les participants sont actionnaires au projet ;
  • d’un revenu, s’il s’agit d’un don.

¹ Selon le Baromètre du crowdfunding en France 2018