Définition

CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive)

4 min de lecture

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), adoptée initialement en 2022, marque un tournant dans la réglementation européenne en matière de transparence et de durabilité des entreprises. Fin 2025, le Parlement européen a acté des modifications majeures, visant à simplifier et recentrer les obligations de reporting. Ces changements, portés par le paquet législatif « Omnibus I », redéfinissent le périmètre des entreprises concernées, les normes ESRS et le calendrier de déploiement. Voici ce qu’il faut retenir.

Qu’est-ce que la CSRD ?

La CSRD, est une directive de l’Union Européenne qui remplace la Non Financial Reporting Directive (NFRD). Cette directive impose aux entreprises de publier des informations détaillées sur leurs performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).

L’objectif de la CSRD est :

  • d’harmoniser les rapports de durabilité au sein de l’UE, en renforçant la fiabilité et la comparabilité des données
  • d’intégrer la durabilité au cœur des stratégies d’entreprise et répondre aux attentes croissantes des investisseurs et des parties prenantes.

Quelles sont les entreprises concernées ?

Les réformes adoptées fin 2025 ont significativement réduit le nombre d’entreprises soumises à la CSRD. Désormais, seules les très grandes entreprises sont concernées :

  • Les entreprises comptant plus de 1 000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 450 millions d’euros.
  • Les PME cotées et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont exemptées, sauf si elles le souhaitent volontairement.

De la NFRD à la CSRD : quels changements ?

La transition de la NFRD (Non-Financial Reporting Directive) à la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) marque une évolution majeure dans la réglementation européenne sur le reporting extra-financier.

Alors que la NFRD, adoptée en 2014, ne concernait qu’environ 11 000 grandes entreprises et imposait des obligations de reporting limitées et peu standardisées, la CSRD élargit considérablement le champ d’application et renforce les exigences. Désormais, près de 50 000 entreprises européennes sont concernées, avec des seuils revus fin 2025 pour cibler les très grandes structures (plus de 1 000 salariés et 450 millions d’euros de chiffre d’affaires).

La CSRD introduit également des normes détaillées, les ESRS (European Sustainability Reporting Standards), qui imposent une approche structurée et comparable de la double matérialité, ainsi qu’une digitalisation des rapports. Enfin, la vérification externe des données devient obligatoire, garantissant une fiabilité accrue des informations publiées.

La double matérialité : qu’est-ce que c’est ?

La double matérialité est un concept clé du reporting de durabilité et donc de la CSRD. Elle repose sur deux perspectives complémentaires :

  1. La matérialité « outside-in » (impact) qui évalue comment les activités de l’entreprise affectent l’environnement et la société (émissions de CO₂, respect des droits humains, impact sur les communautés locales…).
  2. La matérialité « inside-out » (risque/opportunité) analyse comment les enjeux de durabilité (climat, réglementations, attentes sociales) influencent la performance financière et la stratégie de l’entreprise.

En pratique, cela signifie qu’une entreprise doit non seulement rendre compte de ses impacts externes, mais aussi expliquer comment les défis ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) peuvent impacter sa rentabilité, sa résilience ou sa croissance. La CSRD impose cette double analyse pour garantir une vision complète et transparente de la durabilité dans les rapports des entreprises

Les ESRS (European Sustainability Reporting Standards)

Adoptée en juillet 2023 par la Commission européenne, les ESRS (European Sustainability Reporting constituent le socle méthodologique de la CSRD.

Fin 2025, plusieurs évolutions ont été actées.

  • Le nombre de points de données requis a été réduit de 1 100 à environ 300 et les normes ont été clarifiées pour faciliter leur application. Les exigences sectorielles, initialement obligatoires, deviennent facultatives.
  • Pour les exercices 2025 et 2026, certaines informations (biodiversité, effectifs, chaîne de valeur) peuvent être omises, permettant une montée en compétence.
  • Les ESRS seront révisés au moins tous les quatre ans pour s’adapter aux évolutions réglementaires et aux retours des entreprises.

Mise en œuvre de la CSRD : quel est le calendrier prévisionnel ?

CatégorieDate de première de publicationDonnées couvertes
Grandes entreprises cotées (vague 1)20252024
Autres grandes entreprises (vague 2)20272026
PME cotées / non européennes (vague 3)2028 ou exemptées2027

La CSRD, réformée fin 2025, se recentre sur les très grandes entreprises et simplifie ses exigences pour faciliter la transition vers une économie durable. Les ESRS, désormais plus accessibles, et le calendrier échelonné offrent aux entreprises un cadre plus réaliste pour se conformer aux attentes européennes. Ces changements, bien que réduisant le périmètre initial, maintiennent l’ambition de transparence et de responsabilité sociale et environnementale.

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Dernière mise à jour le 10/02/2026.

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