Conseil aux Startup : comment suivre votre comptabilité et votre trésorerie ?

Publié il y a · 4 min de lecture

Près de 9 Startups sur 10 qui se lancent aujourd’hui auront disparu dans trois ans¹… La faute le plus souvent à une mauvaise gestion de la trésorerie. S’il n’est pas toujours facile d’anticiper ses dépenses et ses rentrées d’argent, il est pourtant indispensable de se projeter financièrement, surtout en phase de démarrage pour prendre les bonnes décisions. Et, bonne nouvelle : des solutions existent pour vous y aider !

Les difficultés du démarrage

Suivre sa comptabilité est un exercice facile quand l’entreprise a plusieurs années : vous connaissez vos clients, vous savez à quel moment ils vont payer, vous avez en tête les principaux prélèvements obligatoires, vous pouvez donc évaluer à peu près votre chiffre d’affaires mensuel et les montants qui resteront à disposition pour votre trésorerie. Mais quand, jeune Startup, vous démarrez tout juste, les choses se compliquent. Vous n’avez peut-être pas encore de client, ou très peu, donc pas d’argent qui entre dans les caisses. En revanche, vous devez déjà régler votre abonnement de coworking, voire les premières factures des freelances qui travaillent pour vous ? Pas le choix : pour éviter de se retrouver en banqueroute avant même d’avoir commencé il va falloir, comme toutes les entreprises, élaborer un plan de trésorerie pour savoir quels montants de cash provisionner !

Un plan de trésorerie, qu’est-ce que c’est ?

C’est en fait ni plus ni moins que le budget de votre Startup, détaillé pour chaque mois : vous inscrivez dans un tableau les encaissements et les décaissements d’argent à venir. En matière d’entrées d’argent, il va s’agir par exemple du chiffre d’affaires prévisionnel, TVA incluse, des montants perçus lors de vos levées de fonds, des apports en numéraire de vos éventuels associés ou actionnaires… Pour les sorties, il faudra indiquer vos achats (fournitures, petit matériel… ), vos abonnements en tout genre (forfait internet, nom de domaine de votre site, loyer de votre espace de travail…), vos assurances, vos investissements (matériel informatique…), le remboursement des sommes levées en crowdfunding, vos charges sociales, les salaires et les charges de vos salariés si vous en avez, les impôts… Réalisé régulièrement, ce suivi mensuel doit s’équilibrer au mieux. Mais il va parfois permettre de mettre en avant des décalages dont vous pourrez immédiatement comprendre l’origine et les raisons afin d’y remédier !

Mieux vaut établir des prédictions basses

La difficulté du plan de trésorerie réside dans le fait qu’il s’agit principalement de livrer des prévisions, notamment en ce qui concerne le chiffre d’affaires. Des prédictions compliquées à établir en l’absence de données historiques. Il est rare de savoir à l’avance si l’activité va décoller rapidement ou pas. Mieux vaut alors choisir des hypothèses basses, voire pessimistes pour vos rentrées d’argent afin d’éviter les déconvenues. Ces hypothèses seront en quelque sorte le “minimum vital” pour que votre entreprise fonctionne. Les experts estiment qu’il faut prévoir une réserve d’argent suffisante pour tenir le temps de monter le prochain dossier de levée de fonds, soit en général 9 mois !

Intégrer les délais de paiement

En établissant votre plan de trésorerie, soyez également réaliste sur les délais de règlement des créances de vos premiers clients ou des encours fournisseurs, surtout s’il s’agit d’autres entreprises. La plupart paient à 60 jours après émission de la facture. Et, malgré l’arsenal juridique mis en place pour lutter contre, il faut encore y ajouter de possibles retards (presque 11 jours en moyenne en 2017) qui peuvent mettre à mal votre trésorerie si vous n’en tenez pas compte. Sur ce sujet, n’hésitez pas à poursuivre les mauvais payeurs dès le premier jour de retard et à exiger un acompte la prochaine fois, voire à vous renseigner en amont sur la solvabilité de vos partenaires.

La prudence reste de mise

Enfin, restez prudent dans vos prévisionnels, ne prévoyez pas d’investissements au détriment du règlement de vos dépenses courantes. Préférez des revenus permanents, comme des abonnements de clients, pour financer en priorité vos dépenses obligatoires dans votre tableau, et réservez les revenus exceptionnels comme la signature d’un gros contrat, pour des coûts ponctuels (stagiaire, campagne d’achats de mots clés…) qui n’engageront pas votre trésorerie de manière permanente.

Des outils de suivi pour anticiper

Planifier va vous permettre de suivre précisément vos besoins en trésorerie au jour le jour, voire d’anticiper en lançant une levée de fonds pour y faire face. Et bonne nouvelle : si vous ne vous sentez pas très à l’aise avec les chiffres, il existe des outils pour vous aider à maîtriser ces prévisionnels ! Des logiciels vous guident en effet dans les informations à fournir, éditent des tableaux de bord de suivis, comparent les chiffres prévisionnels avec ceux réalisés, vous alertent en cas de difficultés… le tout automatisé avec une interface claire. Autre intérêt : ces outils vous permettront d’élaborer des présentations professionnelles pour mieux séduire vos interlocuteurs financiers, qu’il s’agisse de négocier un nouveau découvert auprès de votre banque ou de solliciter d’autres investisseurs !

¹ 1001 startups, Les chiffres clés des startups en France.

Abonnez-vous à la newsletter Sage Advice et recevez, directement dans votre boîte aux lettres, nos tous derniers conseils.